La tentation de la bourse



Imaginez un site de vente en ligne spécialisé dans l’aventure héroïque de la culture de la cacahuète, en basse Silésie, au 19ème siècle. Ajoutez lui quelques colonnes libres, à droite ou à gauche.. Et pouf ! Vous voici avec un site de voyages en ligne qui offre quelques centaines de produits à vendre. Cherchez sur un site de vente de voyages le nombre de liens vers une offre de cacahuètes livrées à domicile. Pas trouvé ? Quel dommage.

Vendre est devenu l’obsession permanente du net. A juste titre d’ailleurs, car les résultats sont bons : un français sur trois achète sur le net. Selon les projections, ce sera un sur deux dans moins de 5ans. Pourtant, on sait aujourd’hui que la toile ne se vend pas comme un classique journal. Le net, par définition, est gratuit… Impensable de vendre cher du contenu. Ceux qui s’y frottent connaissent bien les difficultés. Il faut donc faire du trafic à tout prix. D’autant que seuls 20% des sites captent 80% de la pub en ligne. Aux autres 80%, les miettes qui restent.
Oui mais voilà, la tentation est forte et l’offre alléchante. Syndication, représentations commerciales, fourniture de liens payants… et autres propositions sont quotidiennement formulées aux patrons des petits sites internet pour servir de relais à la vente de voyages. Pas moins de 13 000 sites en France servent haut-parleurs à ces offres sans avoir la moindre garantie du sérieux de leur fournisseur. On ne peut leur en vouloir. Vouloir rentabiliser a minima un site sur lequel on passe des nuits et des week-ends est légitime.
Mais voilà, nous sommes en France et la tentation de la gestion législative est forte. L’idée de l’un de nos députés est d’encadrer fermement la notion d’éditeur sur internet. Garanties financières renforcées, dépôt légal, responsabilisation pénale. Le texte serait déjà prêt. A quand un permis à point pour surfer sur le net ? Seuls les français peuvent l’inventer.

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Mardi 23 Janvier 2007
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