vacances pratiques


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La patience du voyageur


Neige, retards, incidents techniques : les nerfs des vacanciers de fin d’année ont été mis à rude épreuve ces dernières semaines, si tant est que les intempéries n’aient pas purement et simplement provoqué l’annulation du départ. Mais, il faut bien le reconnaître, c’est surtout le manque d’explications qui est agaçant.



Les accusations contre les aéroports de Paris se sont multipliées ces dernières semaines, et il est vrai que la pénurie de glycol, clouant des avions glacés au sol, n’est pas sans un certain ridicule. Cela dit l’épisode parisien est loin d’être isolé, et Roissy a même servi de base arrière à quantité d’avions à destination de Grande Bretagne qui ne pouvait plus se poser à Londres, Heathrow étant tout simplement fermé. Renforçant la pagaille à Paris ! Les images de milliers de passagers couchant à même le sol n’aident pas à améliorer la réputation de Charles de Gaule ou Orly, régulièrement critiqués pour leur manque d’accueil et leur complexité.

A vrai dire, c’est surtout d’un manque d’information dont souffrent à la fois les compagnies… et leurs passagers. Bon nombre de vacanciers auraient renoncé à s’entasser dans l’aérogare s’ils avaient pu être prévenus du retard de leur avion, ou de la suppression du vol. Il y a eu de véritables carences dans ce domaine, quantité de voyageurs n’ayant pu joindre leur compagnie pour demander si le vol avait lieu ou non. A la défense des transporteurs, il faut bien reconnaitre que personne ne savait vraiment quand et même si les avions allaient décoller ou non. Bloqués ici ou retardés là, ils avaient souvent plusieurs heures de retard et leurs équipages ont eu, eux aussi, les pires difficultés à rejoindre leur poste. Un véritable engrenage d’autant que la neige, en bloquant les pistes, oblige également à passer chaque appareil de longues minutes au dégivrage, provoquant là encore retards et perturbations. Là, c’est tout simplement un manque de connaissance du grand public, qui ne sait pas forcément – et a-t-il besoin de le savoir – que le poids de la glace cloue un avion au sol, et qu’il faut espacer les décollages le temps d’y remédier. D’où les retards, même s’il n’y a pas un brin de neige sur la piste.

Il reste que manifestement, ni les aéroports ni les compagnies ne sont préparées à des crises de cette ampleur. Or avec les changements climatiques et le retour d’hivers plus marqués, la neige est une composante qu’il va bien falloir intégrer dans nos déplacements. Est-elle compatible avec les cadences, de plus en plus infernales, des aéroports ? C’est bien la question qu’Aéroports de Paris – et les pouvoirs publics - vont devoir se poser. Et nous, pauvres passagers maltraités, devront apprendre, encore et toujours, à apprendre que la patience devient un élément clé des vacances !

Annie Fave

Jeudi 6 Janvier 2011