La mort nous va si bien…



Ca n’a jamais coûté aussi cher de mal dormir. Des portes qui grincent, un plancher qui craque, une chambre condamnée d’où provient des relents douteux, un concierge chaleureux façon Norman Bates : non, vous n’êtes ni dans un hôtel de passe, ni dans un coupe-gorge, mais bien dans un hôtel hanté. Du Nouveau-Mexique aux Lochs écossais, le tourisme macabre a ses lieux de prédilection, et des adeptes prêts à payer le prix pour entrer dans la légende.


Se faire peur n’est pas la seule motivation pour se lancer dans un voyage hanté. Partir sur les traces des grands mythes, des histoires de fantômes ou de l’histoire tout court sont d’excellentes raisons de troquer les cocotiers contre des veillées au coin du feu ou des séances de spiritisme. Le tourisme macabre se pratique partout dans le monde : en Ecosse sont proposés des circuits Manoirs et Châteaux hantés, à l’instar de l’Islande, riche en croyance fantastique, où l’on part sur les traces des elfes et autres créatures.
TripAdvisor ajoute sa pierre à l’édifice en recensant cette semaine les dix hôtels les plus «sombres» du monde, tous rattachés à des phénomènes paranormaux. Parmi eux l’hôtel Saint-James à Cimarron dans le Nouveau-Mexique, dont une des chambres serait hantée par un cow-boy assassiné après une partie de poker. Plus loufoque, le Myrtles Plantation à Saint-Francisville (Louisiane) abrite un miroir où apparaîtraient parfois trois habitantes décédées. Amateur d’histoire US, direction Farnsworth House à Gettysburg en Pennsylvanie, rendez-vous branché des fantômes des soldats de la guerre de Sécession. Et les clients n’hésitent pas à sortir les gros sous pour tenter l’expérience : compter en moyenne 95 dollars pour une chambre au Cimarron, 175 dollars à la Farnsworth House et 172 dollars à la Myrtles Plantation.

Pratique ce concept. Votre hôtel part en décrépitude ? Aucun problème, ça donne du cachet. Votre maître d’hôtel disgracieux gratifie les clients de ses raclements de gorges gutturaux ? Aucun problème, faites le tousser la nuit dans les couloirs, ça étoffe le concept et ça accompagne la douce musique des canalisations trop bruyantes. Vos clients repartent mécontent et effrayés ? Parfait, mission accomplie.

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Jeudi 4 Septembre 2008
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