La montagne sous verre

Si l’homme pouvait mettre l’arc en ciel en bouteille et réglementer sa visibilité, nul doute qu’il n’hésiterait pas. C’est en tout cas ce qu’on dû penser les guides de Saint-Gervais (Haute-Savoie) qui se sont élevés, dimanche, contre la proposition de leur maire, qui souhaite réglementer l'accès au Mont-Blanc pour limiter la pollution.



Alors que ce dernier se bat contre la sur fréquentation du site et ses effets nocifs sur l'environnement, les guides prônent, quant à eux, la sensibilisation des randonneurs et leur responsabilisation face aux dégâts qu’engendre un nombre croissant de visiteurs sur les flancs de la célèbre montagne.A l’heure où la préservation des sites naturels touristiques semble devenue une priorité, la question fait pourtant débat. Faut-il surprotéger au risque de « mettre sous cloche » nos richesses naturelles ou faut-il, au contraire, laisser aller les visiteurs à leur guise en espérant que le bon sens et l’intelligence collective fera le reste ?

L’une comme l’autre, ces solutions sont risquées et lourdes de sens. Peut-être faut-il simplement, comme le suggère Jean-Marc Peillex, le maire mis en cause dans cette affaire, que les professionnels de la montagne se mettent autour d’une table et décident, sans tomber dans les extrêmes, du statut du Mont Blanc. Sans oublier que ce sont les touristes, skieurs, randonneurs, alpinistes, qui font aujourd’hui vivre la montagne. Après tout, les scientifiques du monde entier ont bien réussi à tomber d’accord récemment sur l’avenir d’une planète (Pluton). Peut-être, et plus modestement, pouvons-nous en faire autant…

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Mardi 12 Septembre 2006

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