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La guerre du Golfe va commencer




La montée en puissance des compagnies aériennes des petits Emirats Arabes Unis du Golfe persique risque bien de donner un avant-goût de ce que sera le monde du transport aérien dans quelques années. Si quelques routes aériennes se prêtent bien aux escales à Doha, Dubaï ou Abu Dhabi, force est de remarquer que bon nombre d'autres conduisent à des détours que seul un tarif attractif peut faire oublier. Et c'est là justement que la bataille commence.

En affichant des résultats plus que positifs, Emirates relance l'interrogation sur le modèle économique que mettent en place ces nouvelles entreprises de l'aérien. Déjà, en 2005, Jean Cyril Spinetta, patron d'Air France s'interrogeait sur leurs financement en les qualifiant indirectement de « pétro-entreprise » et en sous-entendant que l'aide financière apportée par les familles royales des Emirats pouvait expliquer les bons résultats alors présentés. Réponse cinglante d'Emirates : «Seule la qualité de gestion des dirigeants explique les excellents résultats». Et d'expliquer discrètement que le poids des contraintes sociales chez Air France pesait sur les résultats financiers, pourtant excellents. «Imaginez ce que seraient les chiffres d'Air France sans son carcan social : éblouissants», ajoutait anonymement un cadre de Qatar Airways. Car globalement les jeunes compagnies du Golfe n'ont rien à apprendre des plus anciennes: service de qualité, aménagement en classe économique de très haute tenue, accueil et animation des escales irréprochables.

Pourquoi, alors, parler de guerre ? Tout simplement parce que la bataille du direct est engagée. Le cabinet Roberson and Co, dans une étude à paraître en juin prochain aux États-Unis, chiffre le coût de l'escale pour les entreprises et les met en garde contre le prix le plus bas pour les voyages d'affaire. Et de poursuivre : «Dans le monde du tourisme, la mise en place de vols réguliers vers les destinations les plus demandées va faire baisser les prix et développer cette bataille du vol direct». Optimiser les hubs, point de regroupement propres à chaque compagnie, devient plus qu'un objectif : c'est une arme commerciale. La bataille mondiale qui s'engage concerne aussi les compagnies du Golfe. La bataille commerciale pour se développer est engagée. Pour le plus grand plaisir des consommateurs.

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Lundi 14 Mai 2007