vacances pratiques


Version imprimable

La fin des billets d’avion pas chers ?




Le net innove, le marché gère. Nés de la concurrence entre compagnies aériennes, jusqu' alors profitable aux voyagistes, les grands sites internet du voyage se sont créés sur l’idée basique que la toile était systématiquement moins chère que partout ailleurs ! Une idée juste à une certaine époque et qui est de moins en moins vraie sur le terrain. Croire que la technique de la «promotion commerciale» est née avec le numérique serait stupide. Déjà en 1934, Publicis et son bouillonnant patron Marcel Bleustein-Blanchet avaient inventé les «rabais». Mots magiques à l’époque. Mais aujourd’hui, pour faire réagir le consommateur, il faut parler de bons plans… Uniquement de bons plans.

Les signaux économiques négatifs sont si nombreux dans le monde de l’aérien que les voyagistes commencent à agiter le chiffon de la révolte. Des surcharges carburants, associées à des taxes aéroportuaires à la hausse, conduisent les prix à s’envoler. Un constat qu’il faut cependant moduler. Remplir tous les jours une trentaine d’avions vers New York est plus complexe que de faire le plein d’un seul appareil vers Rio. Si les grandes lignes, largement couvertes, souffrent de cette bataille des prix, celles qui sont moins fréquentées connaissent des augmentations vertigineuses. Malgré tout le savoir faire marketing des compagnies aériennes, à un moment, il faut bien se rendre à l’évidence : payer plus de taxes et de surcharge carburant que le prix même du trajet revient à marcher sur la tête. Les modèles vont donc changer et les prix avec. Même les low-cost réfléchissent à leur avenir. Le «fort en gueule» Ryanair a reconnu en Angleterre «que le maintien des prix devra se régler entre les voyageurs et les lignes desservies». Une vision contestée par le patron d’Air France, persuadé que le marché ne peut tenir qu’en «respectant les règles élémentaires d’un prix juste sur un marché tendu». En clair, perdre de l’argent ne peut conduire qu’à une catastrophe. Dernier maillon visé par la crise : les destinations. Sans avion, il est difficile de remplir les chambres d’hôtel. De quoi inquiéter les prévisionnistes de l’Organisation Mondiale du tourisme, un peu trop optimistes ces dernières années.

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Mercredi 28 Mai 2008