La culture de sécurité

L'accident du Boeing d'Helios, en août 2005 près d' Athènes, est attribué à un "enchaînement d'erreurs humaines". Les pilotes l'ont payé de leur vie, comme les 119 autres passagers, mais la Compagnie et Boeing ne peuvent pas se laver les mains.



Le résumé des conclusions de l'enquête, diffusé par le Ministère grec des Transports, met en accusation à la fois le personnel au sol, les pilotes, la Compagnie Helios, les autorités de l’aviation civile et le constructeur américain.
Le personnel au sol n'a pas vu que la valve de pressurisation de l’appareil était restée en mode manuel, alors que 2 contrôles auraient dû le détecter avant le décollage. C’est faute de pressurisation que les pilotes sont tombés inconscients et que l’appareil, en pilote automatique, a fini par s’écraser à court de carburant.
Les pilotes eux même, avant de sombrer, n'ont pas réagi à un signal d'alarme dans le cockpit. Une erreur, mais l’alarme était semble t-il la même que celle signalant un problème de train d'atterrissage. La confusion possible avait été signalée plusieurs fois au constructeur des Boeing 737-300, et selon le Ministère grec, ce n'est qu'après la tragédie qu'il y aurait remédié.
De son côté l’Autorité chypriote de la Sécurité civile en prend aussi pour son grade, elle ne s'est pas acquittée de "manière adéquate et pendant des années, de ses responsabilités de contrôle de la sécurité des vols", remarque le texte qui assure qu’elle aurait depuis pris des mesures correctives, ainsi que son homologue grecque.
Plus globalement, la Commission d'enquête met en cause un manque de "culture de sécurité" d'Helios et de gestion des équipages. La Compagnie a depuis disparu, remplacée par la compagnie à bas prix Ajet.
Alors, fin des problèmes ? La rumeur veut que Ajet ait échappé de justesse à l’infamie : elle n’aurait pas été inscrite sur la liste noire européenne,… en échange d’engagement à prendre des mesures de sécurité.
Rassurant, non ?
Anne Le Goff.

Mercredi 11 Octobre 2006
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