La SNCF veut pouvoir augmenter ses prix

Les lignes TGV, qui fonctionnent comme des tiroirs caisses pour la SNCF, ne suffisent plus à payer des charges qui augmentent. La SNCF, qui doit signer très bientôt avec l'état le contrat pour assurer la gestion des lignes inter-régionales, demande de pouvoir fixer librement ses prix pour équilibrer son budget. Un signal de hausse ?



Financer ses activités et ses investissements, c'est le devoir de toute entreprise, mais certaines ont plus de difficultés que d'autres. A la SNCF, par exemple, le km de voies coûte cher lorsqu'il est peu fréquenté. Et comme certaines ne sont empruntées qu'au moment des départs en vacances, le maintien du service coûte cher. La compagnie touche bien des subsides, mais ces subventions ne suffisent plus. Il faut dire que la plupart des lignes inter-régionales sont concernées: il s'agit des 40 lignes qui ne sont ni des TGV, ni des TER: Corail, Teoz, Intercités, trains de nuit Lunéa, etc. On les a rebaptisé "trains d'équilibre du territoire", ou TET. Dans les prochains jours, le gouvernement va définir le niveau de dessertes qu'il désire, et la SNCF fera circuler ses trains contre une compensation financière, comme elle le fait pour les TER subventionnés par les régions. Le budget total est de 210 millions d'euros par an pour la période 2011-2013. Mais l'Etat ne paie rien directement: 35 millions viendront d'une taxe sur les autoroutes, et les 175 millions restants, soit 83,33% du total, doivent provenir de... la SNCF. L'article 33 du projet de loi de finances 2011 crée en effet une "contribution de solidarité territoriale" (CST) sur les produits du trafic ferroviaire de voyageurs non conventionnés, c'est-à-dire dans la pratique quasi exclusivement sur les TGV de la SNCF et de ses filiales. Le taux de la taxe, qui doit encore être fixé par le gouvernement, sera compris entre 3 et 5% du chiffre d'affaires pour les trains aptes à la grande vitesse et entre 1 et 3% pour les autres. Qui va la payer ? Vous. Et moi. Et les entreprises qui font voyager leurs salariés. Donc au final, encore vous et moi. D'après le gouvernement, "Le prix moyen du billet ne devrait pas augmenter". Il y aurait plus de billet plus chers, en Première notamment, et plus de billet Prem's aussi, pour relancer l'effet d'aubaine et le remplissage des trains. A voir.
Il reste que Barbara Dalibard, la nouvelle directrice générale de SNCF Voyages (la branche qui chapeaute les trains à grande vitesse), envisage "des ajustement sur les dessertes". Autrement dit, il pourrait y avoir des suppressions de train. Pourquoi pas, mais dans la logique des déplacements partagés, plus écologiques, encore faudra t-il, aussi, trouver des transports en commun pour les remplacer. Tout le monde en autocar ?

Annie Fave

Lundi 4 Octobre 2010
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