La Mauritanie abandonnée



Il y a des destinations, comme cela, qui jouent de malchance. Après l’abandon brutal de l’organisation du Paris-Dakar, en janvier dernier, après l’assassinat de 4 Français, une nouvelle attaque contre l’armée a tué 12 militaires en Mauritanie en septembre. Les tour-opérateurs français ne programment plus la destination et le Point Afrique jette à son tour l’éponge. La Mauritanie s’en remettra t-elle ?

Toute l’Afrique de l’Ouest semble boudée cet automne, la baisse de fréquentation est réelle, un recul de 20 à 40% selon les destinations et les tour-opérateurs. Mais la palme de la déconvenue frappe sans doute la Mauritanie qui a connu entre décembre et février trois attaques de la mouvance d'Al-Qaïda qui ont coûté la vie à quatre touristes français et provoqué l'annulation du rallye Dakar-2008. A la mi septembre, 12 militaires ont encore été tués et ce ne sont pas les soubresauts politiques et le coup d’état du mois d’août qui rassurent sur la stabilité de la destination.
Désormais, Nouakchott s’inquiète de l’avenir de son tourisme. Elle compte sur deux événements sportifs pour redorer son image, la TransAfricaine Classic, pendant la deuxième quinzaine de novembre, et l'Africa Race prévue début janvier. Mais pour l’heure, l’ambiance est morose à Atar après la décision du Point Afrique de renoncer à son vol direct du dimanche, faute de vacanciers et d’engagements fermes des tour-opérateurs sur la destination. Malgré son côté militant, le tour-opérateur ne pouvait plus assumer seuls les frais. Le réceptif mauritanien Somasert tente à son tour sa chance en affrétant un vol de Transavia sur la même ville à partir de la fin du mois, et compte sur les amateurs de déserts pour remplir ses vols, mais force est de constater que les candidats au voyage ne se bousculent pas. Peut-on leur en vouloir ?

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Jeudi 2 Octobre 2008

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