L'impossible équation du durable



L'époque, à juste titre, est à la protection de la terre. Sujet éminemment important pour les pays riches que nous sommes mais très secondaire pour ceux dont la population n'a qu'un souci de taille quotidien: manger à sa faim. Il est vrai que c'est à ceux, économiquement mieux placés, de penser aux lendemains de la terre et de s'en occuper dès aujourd'hui. Reste que le paradoxe du tourisme, c'est le prix. Partir moins cher permet de partir. Qu'en sera t-il demain lorsque les investissements hôteliers des pays «économiquement accessibles» augmenteront de 30 à 40% le prix actuel du voyage ?

Il ne faut pas être devin pour voir qu'aujourd'hui les «eldorados» du tourisme de masse ne sont pas les champions de l'écologie et du tourisme durable. La manne économique ne permet pas à la fois de faire vivre les pays et de leur donner les moyens de s'équiper en technologie coûteuse de recyclage des déchets ou d'épuration des eaux. Alors quoi ? Toutes ces belles idées entendues ces dernières semaines ne seraient elles que de la bonne conscience ? Un peu de pub facile pour hurler avec les loups ? Une façon de se «nicolashulotiser» pour pas cher ? Sans doute pas. Les professionnels du tourisme sont conscients qu'ils sont les fers de lance d'une éducation populaire aux voyages écologiquement respectables. Ils en sont d'autant plus conscients qu'ils craignent une nouvelle taxe «à la Chirac» dont ils ne maitriseraient ni les montants ni les destinations. Leurs idées ne manquent pas : une fondation (encore une de plus), un programme de circuits qui respecte la terre ou des programmes d'aide spécifiques dans des zones à fortes demandes. Voilà quelques unes des pistes suivies. On sait aujourd'hui que les entreprises de micro-crédits ou les programmes ciblés, à faible coût d'implantation, donnent d'excellents résultats. C'est une des voix de travail choisie par les anglo-saxons.

Toute la différence entre l'aide et l'assistanat se porte souvent sur les conséquences écologiques des actions mises en oeuvre. La quadrature du cercle est donc totale. Et pas question d'en sortir sans mettre en péril une face du carré ou un arc du cercle. Sans doute alors faut-il faire comme ce Tsar d'une légende russe qui avait pour habitude de mettre une pièce par jour dans un pot. Pourquoi ? Pour être certain que cette somme là irait bien à ses enfants et ce quelque soit son propre avenir. Et si tous les voyageurs, avant de partir, en faisaient autant ?

Marcel Lévy
ml@vacancespratiques.com

Mardi 17 Avril 2007
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