vacances pratiques


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L’Art du Portnawak




Relancer les Antilles, tel est l’objectif que s’est donné le gouvernement. On n’est plus tout à fait dans la saison du soleil d’hiver, l’été est généralement consacré aux retours des Antillais de métropole dans les îles mais peu importe, l’intention est louable. Sauf qu’à faire du n’importe quoi, tout le monde ne suit pas.

Le premier à s’être rebellé est un TO de qualité qui envoie régulièrement des clients dans les îles puisque c’est sa spécialité : Passion des Iles, de Tourinter. Son patron est choqué. Il refuse dans un premier temps de s’associer à l’opération de relance lancée par le gouvernement le 5 Mai, parce qu’il travaille habituellement avec des agences de voyage dont il reconnaît la capacité à fournir des informations et à aider le voyageur dans sa compréhension de la destination. Et là, c’est de la vente directe Internet qui est organisée. Une vente directe qui, au final, ne sera pas forcément moins chère qu'en agence. On voudrait tuer une profession, on ne s'y prendrait pas autrement. Officiellement, le message invite le client à « Consulter son agence de voyage » mais comme le site créé pendant dix jours va afficher des prix cassés avec des contacts directs et que les TO sont invités clairement à détailler leurs produits en direct, on voit mal ce que le voyageur va trouver de mieux dans l’agence.

Surtout, c’est sur le long terme que voudrait bien travailler le TO, et ce n’est sans doute pas en bradant la destination qu’on la construit. La directrice marketing de Passion des îles est claire : «Qui va gagner sa vie dans cette affaire ? … Personne ! Sachant que le coût de l’aérien en promo se situe actuellement entre 360 et 400 TTC… Comment vendre des produits de qualité à moins de 550 € avec moins de 200 € pour la partie terrestre (7 nuits) et les transferts ? Ceci est impossible sauf à vendre du très bas de gamme et ces magnifiques îles méritent bien autre chose qu’une image uniquement d’entrée de gamme». La Turquie ou la Tunisie, notamment, sont bien placées pour le dire, elles qui cherchent en vain et depuis des années à changer leur image pour gagner plus en travaillant mieux.

Anne Le Goff

Jeudi 30 Avril 2009