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Kanaky trip, voyage en Nouvelle CalédonieSanctuaire de la biodiversité, théâtre de formations naturelles surprenantes, la Nouvelle-Calédonie offre aux voyageurs des atolls parmi les plus beaux du Pacifique Sud, une nature sauvage, exubérante et une culture Kanak riche et chaleureuse. Un pays du bout du monde.
Le bout du monde ? Cela dépend d'où l'on se place. Car en atterrisant à Nouméa, à près de 20 000 kilomètres de la Métropole, on a plutôt la sensation d'être au centre de quelque chose. Au centre d'un éco-système d'une richesse extraordinaire, où les espèces rivalisent de beauté et de rareté. Au centre d'un lagon, le plus grand du monde, et de sa ceinture de corail. Au centre d'un carrefour, où se rencontrent les cultures Mélanésiennes, Européennes, Polynésiennes et Asiatiques. Partir en Nouvelle-Calédonie, c'est aussi voyager dans le passé, en cotoyant des espèces qui tutoyaient déjà les dinosaures il y a soixante-cinq millions d'années. C'est à cette époque que ce petit bout de terre s'est détaché du continent, ainsi condamné à un isolement presque total jusqu'à l'arrivée des premiers mélanésiens il y a deux mille ans, puis des premiers occidentaux avec James Cook en 1774. L'île a ainsi conservé un héritage naturel primitif unique au monde et nous le restitue aujourd'hui, le temps d'un voyage.
Nouméa, capitale sur lagon
La porte d'entrée en Nouvelle-Calédonie a l'air paisible sous son éternel printemps. Les maisons coloniales et habitations modernes façon cases créoles recouvrent les collines de la presqu'île et seules quelques tours s'élèvent plus hautes, signe de la pression démographique grandissante dans les environs. La ville vit au rythme de son marché quotidien Place des Cocotiers, au rythme des citadins qui chaque matin courrent, marchent et roulent le long de la promenade Pierre Vernier qui entoure le mont Ouen Toro. Elle débouche sur l'Anse Vata, puis sur la Baie des Citrons, les deux plages de Nouméa. Si elles ne rivalisent pas avec les merveilles que l'on découvrira plus tard dans les îles, il est réconfortant de s'y assoir face au lagon à l'ombre d'un cocotier et de sentir la ville vivre à quelques mètres derrières seulement. C'est ici que se concentre la plupart des hôtels de la ville, et il n'y a qu'à suivre la plage pour trouver les bars et restaurants les plus animés. Nous dînons au dessus de l'eau, au "Roof", en compagnie des dauphins et parfois des requins qui eux aussi dégustent du poisson sous nos pieds. Et quand les ryhtmes endiablés de la samba résonnent à l'autre bout du ponton, il est temps de rejoindre la Bodega del Mar et de se mesurer aux Calédoniens sur la piste de danse. Ils s'avèrent être de très bons danseurs, mais également de fins préparateurs de rhums arrangés en tous genres...
Le centre culturel Tjibaou
Etape indispensable lors d’un séjour à Nouméa, le Centre Culturel Tjibaou invite les voyageurs à s’immerger dans la culture Kanak. A quelques encablures du centre-ville, il impose son architecture résolument moderne imaginée par Renzo Piano. Sa vision de l’habitat Kanak lui a insipiré ces grandes façades de bois courbé qui s’élèvent au-dessus de la presqu’île de Tina. Empruntez le « Chemin Kanak », pour découvrir le mythe de la création du premier homme. Chacune des cinq cases monumentales abrite une collection d’œuvres d’arts Océaniennes permettant d’explorer et de mieux comprendre ces civilisations millénaires. Entrée : 500 FCFP Centre Culturel Tjibaou - Rue des Accords de Matignon, Tina, Nouméa. Sur la route, on fait "tata" !
Nous partons sur les routes pour découvrir la région de Hienghène. La chaîne de montagne qui traverse la Nouvelle-Calédonie compte ses plus hauts sommets dans cette région plus humide et plus tropicale que le sud. La route qui remonte le long de la côte Est se fait de plus en plus sinueuse, au fil des contreforts qui plongent maintenant directement dans l'océan. De petites échoppes bordent la route, l'occasion de rapporter des pièces artisanales ou de déguster un fruit frais sur le pouce. Après avoir contemplé la Poule et le Sphinx, deux formations rocheuses noires aux formes évocatrices qui émergent de l'océan, nous partons dans les terres à la rencontre de la tribu de Werap.
Loin de la modernité de la capitale, ici s'étendent les terres coutumières kanaks de la Calédonie rurale. Elles appartiennent aux tribus qui y vivent dans le respect de traditions ancestrales. Des us auxquels les voyageurs de passage doivent parfois se plier. Car en Nouvelle-Calédonie, où que l'on se trouve, on est toujours chez quelqu'un. La première règle est simple : sur la route, on fait "tata" ! Cela signifie faire un geste avec la main pour saluer les passants, en levant un, ou plusieurs doigts. Peu importe, c'est l'intention qui compte. Mais ne vous laissez pas prendre par l'expression sévère des visages mélanésiens. Ils traduisent plus souvent la réserve et la timidité qu'un sentiment de méfiance. Pour rencontrer le chef du clan, nous devons nous plier à la coutume, c'est à dire offrir quelques billets, un paquet de cigarette ou un présent, entouré d'une étoffe traditionnelle. Le respect de la coutume est un véritable sésame en Nouvelle-Calédonie, qui vous ouvre les portes d'un peuple accueillant et chaleureux. Des îles et des coraux
En Nouvelle-Calédonie, il faut se mouiller pour découvrir toutes les richesses du pays. Et Nouméa s'impose comme une base arrière idéale pour découvrir le lagon qui l'entoure. On embarque à Port Moselle, direction les îlots et récifs de l'ouest. En s'éloignant vers le large, la capitale semble bien timide face aux imposants reliefs verdoyants qui la séparent du reste de la Grande Terre. Et plus nous avancons, plus nous prennons conscience de l'immensité du lagon. Circonscrit par une barrière de corail de 1600 km, il s'étend sur près de 24000 km² et abrite une faune tropicale endémique particulièrement riche. Elle nous montre d'ailleurs ses premières couleurs alors que l'eau devient plus claire. Ce sont les premiers contre-forts du récif de Larégnère, qui s'étire à fleur d'eau sans jamais en sortir. Masque, tuba et combinaison sur le dos, première immersion dans le lagon. C'est une véritable ville sous-marine que l'on découvre. Les coraux semblent n'avoir aucune limite dans le choix de leurs formes et de leurs couleurs. Ils s'entassent harmonieusement les uns sur les autres, tantôt ronds et durs comme de la roche, tantôt duveteux et souples comme des algues. Les poissons sont partout et n'ont rien à envier aux apparats des coraux. Les plus "m'as tu vu", comme le poisson Perroquet, cotoient les plus discrets comme le poisson Crocodile, qui semble cacher sa drôle de frimousse reptilienne en se couchant sur le sable.
Rencontre avec le requin pointe blanche Il n'est pas rare de croiser la route d'une tortue sur ce récif, mais nous n'aurons pas cette chance. Le lagon nous réserve toutefois une autre surprise. Une rencontre tant attendue. C'est un Pointe Blanche. Un requin Pointe Blanche. Je ne l'ai pas vu arriver, et lui semble tout aussi étonné que moi de ce tête-à-tête improvisé. Paré de sa robe gris clair ornée de blanc à l'extrémité de ses ailerons, il se déplace avec flegme entre les sinuosités du récif, montrant sans détour qu'il est maître en ces lieux. Il est inoffensif pour l'homme et sa taille raisonnable inspire confiance. J'aimerais m'approcher d'avantage. Mais il semble avoir deviné ma curiosité et s'éloigne sans effort d'un léger coup de nageoire, me signifiant au passage sa grâce et sa supériorité. Il faudra quelques heures et un tour à pied de l'îlot Signal tout proche pour digérer cette rencontre. D'autre surprises nous y attendent, comme cette colonie d'oiseaux qui niche au milieu de l'île, ou cette étrange barrière de corail mort formant une digue naturelle et protégeant ainsi une petite plage. Puis il est temps de repartir. Direction : la côte Est. Aux portes du Paradis
Il faut moins d'une heure d'avion pour rejoindre l'Archipel des îles Loyauté depuis l'aéroport Magenta de Nouméa. L'avion se pose à une centaine de kilomètres à l'est de la Grande Terre, sur l'île d'Ouvéa. Les habitants l’a surnomment "l'île la plus proche du paradis", et il serait bien difficile de les contredire. Ouvéa s'étire toute en longueur sur une soixantaine de kilomètres, bordée à l'ouest par un lagon et une plage de 25 kilomètres de long. Le sable y est si fin et si blanc qu'il est impossible de garder les yeux ouverts sans lunettes de soleil. Il s'enfonce dans une eau calme, dont le bleu n'a pas d'équivalent. La nature exhubérante qui borde la plage sublîme le tout. Le long de la route qui traverse l'île de part en part, d'étranges rassemblements de totems semblent contempler la mer. Ce sont les oeuvres du sculpteur Capoa Tiaou, célèbre artiste de son état. Il a élu domicile face à la plage de Fayaoué et travaille le bois de fer. Pour repartir avec une de ses sculptures, il faudra débourser au moins 10 000 FCFP (115 €).
L'île d'Ouvéa abrite de nombreuses merveilles naturelles comme la baie de Lékine, plan d'eau bordé d'un côté d'une succession de petites plages intimistes et de l'autres par d'imposantes falaises grises percées de nombreuses grottes. Au fond de cette baie, un petit pont semble relier Ouvéa à un autre atoll : l'île de Mouli. Sous le pont, un petit groupe de requins s'organise pour le déjeuner, alors qu'un banc de raies manta entreprend de quitter la baie et se dirige vers le large. L'île la plus proche du paradis, sans aucun doute... Les pins dans l’eau
Notre tour des îles de Nouvelle-Calédonie prend fin sur la plus surprenante de toutes : l'île des Pins. En forme de coquillage, elle ne mesure pas plus d'une quinzaine de kilomètres, et se découvre ainsi aisément à vélo. Ici, plusieurs espèces endémiques de pins cotoyent les palmiers, pandanus et autres plantes tropicales. Le plus célèbre, le pin corolaire, dresse sa haute silouhette décharnée au bord des plages, parfois perché sur de petits promontoires rocheux rongés par les flots. L'île, très fleurie, est parsemée de petits villages hauts en couleurs, et bordée par une succession de baies d'une rare beauté. La baie de Kanuméra, où deux plages se rejoignent pour former un banc de sable sur lequel trône un imposant rocher. Des arbres démesurés laissent traîner leurs racines dans le sable.
Plus à l'ouest, la baie d'Upi est une véritable petite mer intérieure. Elle se découvre en pirogue traditionnelle, encerclée par une végétation luxuriante et des dizaines de petites criques. Des îlots coraliens émergent un peu partout dans les eaux peu pronfondes, tels de drôles de champignons coiffés de verdure. Le clou du spectacle : la baie d'Oro et sa piscine naturelle. En partant de la plage, nous suivons une sorte de large chemin de sable blanc qui avance au millieu d'une foule de plantes tropicales et de pins en tous genres. Dans ce décor improbable, de l'eau vient à notre rencontre et remplit en un rien de temps ce petit bras de mer turquoise au milieu de la forêt. Au bout, une piscine naturelle bordée par deux petites plages. Inutile d'aller plus loin. C'est ici que s'achève le voyage. Au centre ou au bout du monde, dans ce petit coin de paradis, où l'on espère sans trop y croire que le temps va s'arrêter. Alexis Dufour Photos : DR A.D. Mes bonnes adresses
Se loger
- Hôtel le Ramada Plaza, Nouméa. Appart-hôtel haut de gamme en plein centre ville. 7, rue Louis Blériot – Anse Vata, www.ramadaplaza-noumea.nc - Hôtel le Méridien Nouméa. L’établissement le plus luxueux de la capitale. Pointe Magnin, www.lemeridien.nc - Relais Ouané Batch à Pouébo (Province Nord) Petit gîte d’étape dans la province nord, idéal pour les petits budgets - Le Paradis d’Ouvéa (Iles Loyautés). Un hôtel qui porte bien son nom sur la plus belle plage de l’atoll. Baie de Mouli - Ouvéa - Le Méridien Ile des Pins. Une enclave de luxe dans la baie d’Oro, constitué de petites maisonnettes en bois perdues dans la jungle. Très onéreux. Baie d’Oro – Ile des Pins - Gîte Chez Régis. Une étape idéale pour les petits budgets, jouissant d’une situation remarquable dans la splendide baie d’Oro. Se restaurer - Restaurant Le Roof – Nouméa. Mangez en compagnie des dauphins Anse Vata, au bout du ponton. - La Marmitte. Etape gustative à prix raisonnables pour la capitale. Baie de l’Orphelinat – Nouméa - Le Blintz, avec sa terrasse au- dessus de l’eau et son intérieur design. Marina Port du Sud – Nouméa - Les Portes du Paradis. Un petit restaurant les pieds dans le sable sur l’immense plage d’Ouvéa. Fayaoué – Ouvéa - Le Kougny. Sur la plage d’Oro, une étape indispensable pour déguster d’enormes langoustes les pieds dans l’eau. Baie d’Oro – Ile des Pins Activités - Aquanature. Excursions, plongées et randonnées palmées autour des îlots Amédée, Signal et du récif Larégnère. Port Moselle - www.aquanature.nc - Aventure Pulsion. Excursion nature sur la Grande Terre, randonnées trekking, sorties 4x4, kayak, hélicoptère… Idéal pour découvrir le Grand Sud. Vallée des Colons – Nouméa. www.aventure-pulsion.nc Pratique
Y aller
Aircalin (Air Calédonie Internationnal) dessert Nouméa depuis Paris en partenariat avec Finnair sur l’un des trajets les plus courts. Au départ de Paris, trois escales sont possibles, à Tokyo, Osaka et Séoul. Le billet aller-retour est disponible à partir de 1440 € TTC. Aircalin permet également de rayonner sur le Pacifique Sud depuis Nouméa vers Tahiti, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Vanuatu. Renseignements et réservations : www.aircalin.com (01 78 09 08 02), www.finnair.fr (0821 025 111). Air Austral dessert également Nouméa depuis Paris en vol non direct. Vols intérieurs Air Calédonie assure les vols intérieurs au départ de l’aéroport de Magenta à Nouméa, à destination des Iles Loyautés, de l’Ile des Pins et du Nord via Touho. Compter une centaine d’euros environ pour un aller-retour. www.air-caledonie.nc Formalités Il faut un passeport en cours de validité pour se rendre en Nouvelle-Calédonie, bien que ce soit un boutt d'Hexagone en Pacifique. Aucun visa n’est demandé pour des séjours qui n’excèdent pas trois mois. La monnaie est le Franc Pacifique. Il est préférable de changer ses devises sur place, cette monnaie étant particulièrement difficile à trouver en métropole. Taux de conversion : 1€ = 119 FCFP. Adresses utiles - Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris 4 bis, rue Ventadour, 75001 Paris Tel : 01 47 03 17 74 www.nouvelle-calédonie-tourisme.fr - Office de Tourisme à Nouméa Square orly - Place des Cocotiers 14 rue Jean Jaurès Tel : 05 75 80 |
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