Idées reçues



Le transport aérien pollue, certes. Et des militants de la cause écologiste s’organisent désormais pour ne plus l’emprunter, en privilégiant le train pour leurs déplacements. Respectable. Pas toujours pratique, mais respectable. Simplement, s’ils appliquent leur logique jusqu’au bout, il va falloir qu’ils arrêtent aussi leur ordinateur : l’industrie informatique se révèle aussi polluante que le secteur aérien.

C’est l’ONG britannique Global Action Plan qui l’affirme. Elle passe au crible l'impact du secteur informatique sur l'environnement et constate qu'un « serveur de taille moyenne émet autant de carbone chaque année qu'un avion consommant 1 gallon pour 15 miles (18,95 litres au 100 km) ». L'ONG appelle le gouvernement britannique à légiférer de façon à améliorer l'efficacité énergétique et ainsi réduire efficacement les émissions de CO2. Elle affirme que le coût énergétique des infrastructures informatiques pourrait être réduit de 30% en incitant les responsables de ces départements à rationaliser le stockage des données.
Il n’y a donc pas que les vaches et les avions, les ordinateurs aussi polluent. Dont acte. Mais il y a tout de même un vers dans le fruit: la plupart des avions ne consomment pas 18 L au cent, base du calcul de nos gentils camarades, mais plutôt 3,9 L au 100 km par passager (pour un A 320, selon le calculateur de CO2 d’Air France). Il n'y a rarement que 5 voyageurs dans un avion, ou alors il faut que la compagnie revoie sa gestion. Pour 150 passagers, c'est donc en fait une consommation de 585 L au 100. Ce qui peut amener à penser que l’avion est plus pollueur que les serveurs informatiques ou encore que les bases utilisées pour les calculs de notre ONG sont parfaitement fantaisistes, allez savoir. Petit problème : à force de tirer sur le signal d’alarme dans tous les sens, de façon plus ou moins crédible, la poignée risque de casser.

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Mardi 11 Décembre 2007
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