vacances pratiques


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Grand Bleu, grand blanc




Une agence de voyages en ligne, à la recherche d'une publicité facile dans la presse, vient de publier une étude interne qui voulait démontrer que les vacances d’hiver à la neige étaient moins chères ou au même prix que les vacances au soleil. Bien évidemment, l'affirmation est loin d'être juste et une simple promenade sur les sites Internet démontre que le grand blanc coûte plus cher que le Maroc, le Sénégal, la République Dominicaine ou l'Égypte. Autant d’arguments retenus par les internautes eux-mêmes.

Bien évidemment, comparer l'incomparable est un peu stupide. Je connais des amateurs de glisse qui n'abandonneraient pour rien au monde leur semaine de vacances à la montagne. A contrario, certains de mes amis, effrayés par le froid et la neige, sauteront volontiers dans un avion direction le sable fin et les cocotiers en plein hiver. Se sont-ils alors posés la question de savoir s'il fallait mieux, à budget identique, faire le choix du tout blanc ou du tout bleu ? Certainement pas! Ce qui prime en hiver, au moment du choix , c'est l'envie. L'envie de sport pour les uns, de farniente pour les autres ou tout simplement le dépaysement qui va permettre de « casser » l'hiver, d’attendre les beaux jours et de recharger les batteries. Car, c'est là toute la force du voyage, en dix ans l'offre touristique a été multipliée par 100 et le nombre de destinations accessibles aux touristes en augmentation de 300 %. Le choix est donc tout naturellement devenu une composante du voyageur.
Au-delà du lieu et des activités, les études démontrent largement depuis quelques années que l'environnement familial ou social prime. Les sociologies évoquent les « tribus » recomposées, les pédiatres expliquent le rapprochement de la cellule familiale au sens élargie du mot. Bref, et si l’on ne retient que le bon sens, partir en voyage est une alchimie pilotée par d’obscures et profondes envies. On le savait déjà. Faut-il alors chercher à orienter les choix ? Les experts en marketing affirmeront que c’est essentiel pour éviter la déception. En vendant du rêve, ils se positionnent au plus profond de l’immatériel, du virtuel. Partir c’est déjà changer de quotidien. Si le lieu importe, le résultat lui prime sur tout. Que ce soit à la neige ou sur le sable chaud d’une île lointaine.

Anne Le Goff

Jeudi 11 Février 2010