French touch



A force de se reposer sur ses acquis, la France perd des parts du marché touristique international et risque d'éroder sa position si elle ne redouble pas d’efforts d’ici 2020. Concurrence des pays émergents, mauvais accueil, manque d’infrastructure et problème de classification hôtelière : telles sont les principales conclusions qui ressortent de la première journée des Assises nationales du tourisme.

Etre le plus beau pays du monde ne suffit plus! C’est ce que clamait Gilles Pélisson, directeur général du groupe hôtelier Accor, pendant la première journée de ce rendez-vous. En dix-huit ans, même en maintenant sa première place, la France a vu sa part du marché chuter de 11.9% en 1990 à 9.1% cette année, grignotée petit à petit par des pays comme le Maroc, la Tunisie, la Croatie, l’Espagne ou Dubaï, qui dépensent abondamment pour valoriser leur destination. Plusieurs voyants rouges ont ainsi été allumés par le secrétaire d’Etat chargé du tourisme Hervé Novelli et le millier de professionnels du secteur qui étaient réunis au Palais des Congrès. Preuve de la fragilité de nos positions, la France s’est vue reléguée en troisième position par l’Espagne en terme de recettes touristiques, sans grandes surprises aux vues de la faiblesse des budgets accordés à ce secteur. Avec seulement 77 millions d’euros débloqués en 2007, nous prenons l’avant-dernière place des 47 pays étudiés par l'Organisation mondiale du tourisme, si l’on rapporte les investissements au nombre de visiteurs. Une faiblesse budgétaire d’autant plus alarmante que le secteur représente 6.3% du PIB en France.
Il serait aisé de s’arrêter là et de condamner ferme les hautes instances en charge du développement du tourisme sur le territoire. Malheureusement, nous avons tous à titre individuel notre part de responsabilité quant à l’image que nous renvoyons de notre pays. A plus forte raison quand 20% seulement des touristes se sentent bien accueillis chez nous, contre 30% en Espagne et 33% en Italie (Ipsos). Plus alarmant encore, alors que la France se délecte de sa supériorité en terme d’art culinaire, l’Italie lui dame pion avec 51% d’avis positifs pour sa nourriture de qualité contre 42% dans l’Hexagone. Nombre de sondages récemment publiés par des voyagistes en tous genres nous décrivent également comme de forts mauvais hôtes. Et si le manque de représentativité et d’objectivité de ces sondages n’est plus à démontrer, la redondance des résultats amène toutefois à se poser quelques questions.

Alexis Dufour
ad@vacancespratiques.com

Mercredi 18 Juin 2008
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