vacances pratiques


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Faut-il encore banaliser le produit Maroc ?





Il est toujours étonnant de constater à quel point la crise annoncée peut faire varier les moyens et les objectifs en terme de communication. L'exemple de la campagne Maroc, lancée hier, est révélateur de cette tentation, souvent gouvernementale, de banaliser un produit. La peur de lendemains difficiles conduit à la création d'outils qui égratignent le travail déjà fait et bousculent l'image d'un pays.

En six mois le Maroc aura fait le grand écart. D'un côté une communication qui veut faire grandir l'âme et de l'autre une approche plus ludique autour des vertus thérapeutiques du pays, la Marocothérapie. D'un côté un message puissant et réfléchi, de l'autre une bonne idée qui aurait pu se décliner n'importe où. La preuve avec le département de la Marne qui, depuis près d'un an, développe sa Marnothérapie. Et demain ? Une "Tunisothérapie", une "Croatothérapie" voire une Egyptothérapie ? Une idée générique ne valorise jamais les multiples approches touristiques d'un pays. Bien sûr, le site internet mis en place par le Maroc est drôle, futé, réussi mais conduit au final aux mêmes chemins que toutes les autres campagnes publicitaires qui fleurissent en ce moment. Cette campagne qui sort des sentiers battus pour le Maroc devrait plaire, car elle tient plus du buzz numérique que de l'affichage. D'autant, si l'on en croit les chiffres d'intentions de vacances, que la destination Maroc reste une valeur sûre dans l'esprit des français. Même si Marrakech a connu un début d'année difficile, le royaume Chérifien est loin de vivre une crise profonde. Bien sur il faudra attendre la fin de l'été pour se prononcer et qui se souviendra alors des moyens utilisés pour attirer le touriste. Reste que, lancée dans plusieurs pays européens, cette marocothérapie risque de surprendre les professionnels marocains du tourisme. Et de fait, comme me le disait à mot couvert un hôtelier local "Vous croyez que c'est une bonne chose d'accueillir tous les malades européens ?"

Marcel Lévy

Mercredi 18 Mars 2009