Faire des choix



Faut-il ou non continuer à prendre l’avion pour partir en vacances ? Question qui peut paraître absurde au début du 21ème siècle et pourtant, il semble qu’elle soit de plus en plus d’actualité : au nom de la lutte contre l’effet de serre et l’écologiquement correct, des consommateurs passent au train.

Cette affaire est un vrai sujet de dîner en ville : parce que l’éco-comparateur a instillé le doute dans les esprits, des consommateurs sensibles à l’écologie commencent à s’interroger sur leurs déplacements en avion. Autant les avantages du tri des déchets apparaissent au fil des jours comme une évidence, autant l’intérêt de réduire ses déplacements en avion peuvent être discutables. Que l’aérien émettent des gaz, c’est sûr. Nocifs, sans doute. Mais à quel niveau, voilà bien la question puisque les spécialistes ne sont pas tous d’accord entre eux. Et n’y a t-il pas un effet pervers à prendre le train, quand on sait l’énergie qu’il dévore…et les gaz qu’il émet, lui aussi, juste au ras de notre nez ?
Les transporteurs aériens ont bien compris le risque, puisque Iata, leur association, se démène pour entrer dans « cet écologiquement correct ». Pour dire qu’elle veut bien faire des efforts, faire pression sur les motoristes des appareils, et… partager, de ce fait, les bénéfices de la chose . C’est vrai que si la consommation de carburant des avions se réduit, ce sont autant des effets écologiques que des avantages économiques ! Et les compagnies aériennes ont trouvé un argument choc : elles soulignent que les Etats sont responsables de 12% au moins des émissions de gaz que font les avions, parce qu’ils n’arrivent pas à coordonner les routes dans les espaces aériens et ne prévoient pas les infrastructures nécessaires pour que la circulation aérienne soit fluide. Que celui qui n’a pas tourné en rond au dessus d’un aéroport leur jette la première pierre !!
Chacun voit midi à sa porte et prend en charge sa part de lutte pour l’environnement. Pas de doute qu’il y a des efforts à faire. De là à s’interdire d’aller au soleil des pays du sud, quand on sait le levier de développement que constitue le tourisme sur toutes leurs économies, il y a de quoi s’interroger. Et alimenter les conversations des dîners en ville…

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Vendredi 2 Mars 2007
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