Excursion radioactive

« Voyage en 1986 », funeste nom pour une non moins funeste attraction touristique. 20 ans après la tragédie de Tchernobyl, de soi-disant professionnels du tourisme ont imaginé une visite du site martyr. Au départ de Kiev, l’excursion conduit au cœur de la ville de Pripiat aujourd’hui désertée, dans ses écoles, dans ses appartements vides.



Aux alentours de 400 dollars (70 dollars supplémentaires pour ceux qui veulent dormir sur place), la visite peut s’enrichir de parties de pêche ou de pique nique sans oublier, bien sûr, la traditionnelle photo devant ce qu’il reste de la centrale. Seule nouvelle réjouissante dans tout cela, les touristes sont soumis, avant leur départ à un contrôle dosimétrique total. Une bonne façon se savoir tout de suite quel type de cancer vous guettera demain… Plus sérieusement… A l’heure où s’affichent dans tous les journaux du monde les photos des enfants atteints de malformations et de cancers suite à la tragédie, à l’heure où l’Iran affine chaque jour davantage sa puissance de feu nucléaire, est-il raisonnable de parler tourisme sur un site comme Tchernobyl ? Bien sûr que non ! Certains vous diront que ces visites apportent des roubles aux habitants qui en ont tellement besoin. D’autres que c’est un tourisme de « sensations fortes » qui attirent de plus en plus de voyageurs. D’autres, enfin, oseront l’argument imparable du tourisme de mémoire…

Je pense qu’il faut condamner avec force l’attitude de ces imbéciles heureux qui iront demain pique niquer sur les lieux de ce drame et je pense que l’état russe devrait interdire sans tarder ce type de tourisme. Et je rappelle pour mémoire cette citation d’Albert Einstein : « Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com


Mercredi 26 Avril 2006
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