Exagération ?



Une nouvelle salve de surcharges «carburant» est annoncée. Vous comprenez, ma bonne dame, avec un baril à plus de 116 $ ?. Certes. Mais y a t-il quelqu’un qui le paye à ce prix, le pétrole, en dehors de vous et moi ? Et surtout, la dépréciation du dollar est compensée par l’appréciation de l’euro. Alors de qui se moque t-on ?


C’est sûr, personne n’aime plonger le nez dans les chiffres, à part mon comptable. Un pas drôle. Mais depuis quelques temps, c’est la facture chez le pompiste qui ne me fait pas rire, et mon copain agent de voyage, en bas de chez moi, n’en peut plus de devoir réclamer à ses clients des « surcharges carburant » alors qu’en achetant leurs vacances, cet hiver, ils croyaient avoir acheté du « tout compris ». Alors bon, à moi la calculette et les graphiques. Sidérant. Parce qu’en cherchant bien, on se dit qu’on nous prend pour des vaches à lait. Démonstration.
En 2000, le dollar était à 1,20 €. Le baril à 60 $. Bon d’accord, l’euro n’est pas encore dans nos porte-monnaie (janvier 2002), mais il a un cours. On peut ainsi calculer que le baril est, en gros, à 72 €.
Mi mars 2008, le baril, ouaoouuuh, à plus de 110 $. Oui, mais l’euro est fort ! Avec un dollar à 0,65 €, le baril n’est plus qu’à 71,50 €.
Bon, d’accord, grand prince, je reconnais que le baril était plutôt aux alentours de 115 voire même 119 $, la semaine dernière. Mais le dollar était à 1,57, vendredi. Alors voilà, je me demande qui se sucre.
Parce que le baril, il n’est pour l’instant à ce prix là que dans le portefeuille des spéculateurs. Ce n’est pas le prix payé par les compagnies au jour d’aujourd’hui. En plus, elles ont des contrats qui les « couvrent ». Des contrats de plus en plus dur à trouver sans doute, mais qui leur permet, en échange d’engagements d’achats importants voire énormes, de payer un prix fixe. Tellement fixe qu’il ne subit ni les aléas du baril, ni ceux du dollar. Un prix ferme, quoi. Qui n’est pas à 117 $. Même si toutes les compagnies ne sont pas « couvertes », et même si elles ne le sont pas pour la totalité de leurs achats ; il y a des fois où j’ai bien un peu le sentiment d’être une vache à lait.

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Au fait, si je prenais ma voiture au lieu de prendre l’avion ? Burp, fait ma calculette : parce que si le choc du baril est quasi nul pour l’avion, je m’aperçois que le prix de l’essence est passé de 0,82 € en 2000 à 1,25 ce mois ci. Surprenant.


Lundi 28 Avril 2008
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