Etes vous curieux ou voyeur ?

On sait tous qu'il existe un nombre incalculable de façons de profiter de ses vacances. Elles peuvent être actives, farniente, sportives, gastronomiques, œnologiques... On part à deux, à dix, seuls, avec les enfants des autres, ses petits enfants, deux fois par an, en hiver... N'en jetez plus. La coupe est pleine !



A en croire une étude publiée par l'American Traveller Association (AAA), malgré cette variété il n'existe qu'une seule approche capable de qualifier le voyageur : il est curieux ou voyeur. Aux orties les comportements "pipeau" des agences de tendance. Désormais, il faudra choisir son camp. Vous êtes quoi ? Pour vous permettre de mieux juger, voilà quelques détails. Le curieux veut tout voir, tout entendre, tout comprendre. C'est lui qui, dans le bus, demandera au guide le montant d'un loyer dans la ville qu'il visite, le salaire moyen du pays qu'il visite, le prix du pain ou du ticket de métro. Il est généralement assis devant, à quelques pas du savoir. Toujours prêt à dégainer sa question, son appareil photo. Pire, il note (pour son blog), filme pour son billet vidéo sur Youtube et commente, compare, analyse. Le voyeur est un jouisseur. Tout l'intéresse mais de façon égoïste. Il profite de tout, ne se fait pas connaître, mais transforme chaque minute de son voyage en un souvenir unique. Que ce soit à la plage, au resto, à l'apéro ou en boîte de nuit, tout est quasiment plaisir. Un vacancier qui profite.
Mais attention, nos deux catégories de voyageurs ne sont pas pour autant dénués de leur sens critique. Le curieux est exigeant sur l'offre qui lui est proposée. Il ne veut pas de temps mort et se souci plus du contenu que du contenant. Il ne râlera pas sur un hôtel moyen s'il est situé à deux pas de ce qu'il faut voir sur place. Le voyeur est plus exigeant. Il en veut pour son argent. L'environnement compte autant que la destination. Le plaisir ne souffre pas la médiocrité... Même si tout est subjectif dans son analyse.

Pourquoi donc se limiter à ces deux familles ? L'AAA répond clairement : "C'est devenu aux États-Unis le premier critère des voyagistes en matière d'offres commerciales". On revient naturellement au basique, à l'essentiel. Ce qui fait dans tous les cas l'essence même du voyage, le bonheur.

Marcel Lévy

Jeudi 10 Novembre 2011
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