vacances pratiques


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En remettre une couche




Les compagnies américaines feraient elles tout pour couler ? C’est à se le demander. Après avoir annulé des milliers de vols et laissé des milliers de voyageurs décontenancés, il y a deux semaines, par une vague de vérifications sur les avions, on apprend aujourd’hui que les consignes d’économies données aux pilotes ont provoqué une vague d’atterrissage d’urgence. De quoi susciter une avion-phobie massive !

Il y a deux semaines, les autorités fédérales avaient lancé un ultimatum aux compagnies : soit elles se mettaient à faire dare-dare les vérifications de fuselage qu’elles auraient du faire depuis des années, soit elles restaient clouées au sol par des amendes telles qu’elles ne pourraient jamais redécoller. Elles ont vérifié. Mais les passagers, médusés, ont appris à cette occasion qu’ils avaient beau avoir les autorités les plus pointilleuses du monde en matière de sécurité, le laisser-aller et le laisser-faire avaient pris depuis longtemps le dessus et finalement les contrôles, ce n’était pas vraiment çà. On n’en était pas encore à dire que le bakchich était là règle, mais çà commençait furieusement à y ressembler ! Bon, pour rassurer le chaland il y avait le taux d’accident, quasi nul. La preuve que les contrôles, même mal faits, étaient encore assurés à minima et que les pilotes, somme toute, ne sont pas suicidaires.
Encore que. Cette fois, les autorités américaines se sont penchées sur un chiffre… qui les a fait tomber de la chaise, quand elles en ont compris la cause. L’an dernier il y a eu beaucoup, beaucoup de demandes d’atterrissages d’urgence. Ah bon, mais pourquoi donc ? Parce que les pilotes, justement, ceux qui passaient pour les derniers garants de notre sécurité, avaient été invités à limiter les escales pour réduire les coûts. Et à tellement économiser le carburant qu’ils n’en mettaient plus assez ! Un vent contraire, un petit saut de puce au-dessus des nuages pour éviter l’orage et hop, atterrissage d’urgence. Confortable, non ?
Les compagnies et les autorités américaines, finalement, ont précisé un élément rassurant : "Nous n'avons constaté aucun cas d'appareil ayant atterri avec des niveaux de kérosène inférieurs au minimum requis par les autorités de l'aviation civile américaine (FAA), à savoir une marge de 45 minutes de vol », précisent les enquêteurs. Ouf.
Pas question de faire de l'alarmisme, il y avait donc de la marge, on peut en convenir. Mais il y a eu 151 demandes d’atterrissage d’urgence à Newark en 2007 et 72 en 2006. Belle croissance. Et à l'heure où les passagers n'avaient déjà pas tellement envie ou les moyens de prendre l'avion, ce n'est pas la confiance, elle, qui va augmenter...

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Mercredi 23 Avril 2008