vacances pratiques


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Du tourisme insupportable


« J’ai 50 ans. Un job plutôt sympa et bien rémunéré. Dans 25% des cas, je suis américain, sinon, européen, australien, asiatique... Je viens en tout cas d’un pays dit riche et développé. Dans 15 jours, je prends deux semaines de vacances. »



« Je pars avec trois copains et nous hésitons encore sur la destination. La Thaïlande où nous étions l’an dernier, le Mexique ou l’Inde peut-être. Plage et farniente dans la journée, et le soir, quantités de filles à disposition. Il paraît qu’en Inde, elles sont de plus en plus jeunes. Ca me plaît, mais moi, ce sont les vraies mômes qui me tentent. Vierges si possible, mais c’est de moins en moins facile à trouver… Il faut qu’on se décide vite. En pleine saison, les billets d’avion ne sont pas donnés et les choix d’hôtels plus restreints. L’an dernier, la piscine était toute petite et la bouffe de l’hôtel dégueulasse… Ca nous a un peu gâché le séjour.»

Parce qu’il est des hommes qui programment leurs lieux de vacances en fonction de l’âge, de la couleur, de la disponibilité et de la maturité de leurs futurs victimes, il existe un tourisme sexuel.
Parce que ces mêmes hommes imaginent qu’ils peuvent agir en totale impunité et acheter des enfants comme on achète une chicha ou une paire de Nike contrefaite, il existe un tourisme sexuel.
Parce que nous acceptons de poser notre serviette de bain sur la même plage qu’un couple dont la différence d’âge avoisine les 35 ans en se persuadant que la fillette est au mieux, une nièce, au pire une amie de la famille dont les parents sont dans le coin, il existe un tourisme sexuel.
Parce que tout le monde sait ce que l’on risque à faire le con dans une tribune du PSG, mais que peu de gens savent ce que coûte le fait de s’envoyer à l’air avec un gamin de 5 ans et demi à l’autre bout de la planète, il existe un tourisme sexuel.

Mardi, au cours d'une conférence organisée à Washington, des responsables d'organisations luttant contre l'exploitation sexuelle des enfants et le tourisme sexuel ont appelé à une harmonisation des lois et à une meilleure collaboration entre les pays, les secteurs privé et public.
Parce que les initiatives se mettent en place (à Goa notamment, en Inde) mais se développent lentement, il continuera longtemps d’exister un tourisme sexuel.
A nous, voyageurs, médias, professionnels du tourisme mais surtout départements judiciaires et polices des pays émetteurs et des pays récepteurs de ces touristes, de faire en sorte que ça change. Vite.

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Mercredi 29 Novembre 2006