vacances pratiques


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Doudou dans l’avion




Histoire vécue ce week-end dans un aéroport parisien, Orly pour ne pas le nommer. Je partais pour le week-end du 11 novembre avec mes deux enfants, une petite fille de 4 ans et un petit garçon de 20 mois. Habituée à voyager, je croyais avoir expérimenté tous les types de contrôle de sécurité… Tous sauf un, le contrôle de Doudou…

Un enfant dans chaque main, solidement harnachée de quelques sacs, les blousons dans la bouche et les passeports sur l’oreille, me voilà donc arrivée au contrôle de sécurité. Je lâche péniblement les sacs et blousons sur le tapis et alors que je m’apprête à passer sous l’arche avec mon fils Thomas dans les bras, un contrôleur m’arrête et me désigne la peluche que Thomas tient serrée contre lui. Grandes Oreilles, c’est son nom, doit impérativement passer sous les rayons X.
Patiente, j’explique dans un sourire crispé que Grandes Oreilles n’a pas la trompe remplie de cocaïne et que mon fils n’est pas une menace pour la sécurité de l’aéroport. Hélas, l’agent zélé insiste et nous allons donc, Thomas et moi, déposer l’éléphant dans un bac prévu à cet effet. Thomas, qui ne lâche pas la peluche des yeux, se précipite de l’autre côté de l’arche pour récupérer au plus vite son précieux compagnon. Las, c’est le moment que choisi la contrôleuse pour stopper la machine et répondre à la question d’une de ces collègues. Tranquillement.
Arrive donc ce qui doit arriver : mon fils, ne voyant pas son doudou ressortir du tunnel, pousse un cri déchirant et se jette par terre en hurlant telle Sarah Bernhardt dans l’une de ses meilleures tragédies.
J’ouvre ici une parenthèse pour prendre à témoin toutes les mères de jeunes enfants : demander à un petit garçon de lâcher son doudou quand il n’en a pas envie revient à exiger de Sarah Palin qu’elle lâche son fusil à pompe le jour de l’ouverture de la chasse aux caribous…
La contrôleuse, surprise, ne fait pas le lien entre le gamin vagissant et l’éléphant qui gît dans un bac sur son écran. Les cris redoublent de plus belle mais ne zappez pas, cher lecteur, car l’aventure ne s’arrête pas là. Au moment où je m’apprête à aller ramasser mon fils, la voyageuse derrière moi me colle un chat (!) dans les bras en m’expliquant avec un accent anglais prononcé «J’ai trois chats et deux bras seulement »…
C’est ce moment que la contrôleuse choisit pour faire redémarrer le tapis roulant et délivrer Grandes Oreilles en lâchant, souveraine : « il ya des jours, c’est vraiment n’importe quoi ici… »

Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Jeudi 13 Novembre 2008