Des vacances sur la toile

Pour beaucoup de baby boomers, le retour du camping à la une de l’actualité des vacances reste un mystère. Tous ceux qui se replongent dans leurs souvenirs des années 70 n’ont pas conservé un souvenir impérissable de cette longue opération qui consistait à «monter la tente». Une heure au moins de technologie de précision entre maillet et sardines, le double toit et les tendeurs. La moindre défaillance et en cas d’orage, le tout se transformait en une piscine privée où trempaient sac à dos, chaussettes et autres éléments d’un confort pourtant primaire !



Les temps changent et la technique au service du camping a permis bien des évolutions. Prenez ces tentes que l’on déplie en les jetant en l’air. Une révolution même si, pour les replier, il faut le plus souvent se mettre à deux pour comprendre le mode d’emploi un peu abscon imprimé sur la housse. En règle générale, l’opération se termine par une promesse de divorce ou le saucissonnage du "tas" de toile, pour ne pas dire l’abandon pur et simple de l’ensemble. Qu’importe, le camping c’est aujourd’hui «tendance». Regardez la folie du mobile home que l’on s’arrache et qui fleurit sur les aires de camping comme les Mac Donald au bord de la route. Tout en plastique. Pratique et confortable. Qu’y a t-il de plus beaux que cette semaine de découverte industrielle dans un bungalow digne d’un chantier chez Bouygues ?
Je vous vois venir. Pour qui je me prends, avec mon regard hautain sur ces vacances populaires où chacun sait tout sur son voisin… Du short aux tongues via la cellulite naissante de Madame et les nouvelles poignées d’amour de Monsieur. Détrompez vous, j’aime le camping mais... dans des coins calmes, insolites, loin de la foule. Il y a en France un peu plus de 30 000 emplacements où l’on peut ainsi vire au rythme de la nature, loin du bruit et dans des régions peu connues aux charmes pourtant évidents. Car la force du camping, au château (pour les plus curieux) comme au bord d’une rivière indolente (pour les pêcheurs ou les flâneurs) est de permettre de s’arrêter là où personne ne pense à le faire. La facilité de déplier une tente, de poser deux fauteuils de toile et de profiter de l’environnement est un plus extraordinaire qu’il ne faut pas laisser passer. Et nos voisins européens ne s’y trompent pas. Il plébiscitent nos petits villages périgourdins, raffolent de nos plateaux bourguignons et de nos montagnes. Comme quoi le camping, c’est moderne !

Marc Dandreau

Vendredi 20 Mai 2011
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