vacances pratiques


Version imprimable

Des vacances au gré du vent


Pendant des années, on a voulu que les vacances soient statiques, à l'exception de quelques circuits organisés sensés donner une vision d'un pays en deux ou trois semaines. On a mis en valeur la location de gîtes, aujourd'hui de mobile home, en réfutant l'idée que les vacances associées à la découverte pouvaient aussi passer par une forme de nomadisme, agréable et enrichissante. Et pour le rappeler, les baby boomers se sont lancés dans le camping car (un peu cher) et les plus jeunes, eux, n'hésitent plus à fréquenter l'habitant.



En un mois, ce sont quelques huit nouveaux sites internet qui invitent les voyageurs à venir dormir chez l'habitant. Loin de la seule chambre d'hôtes, la formule repose sur la convivialité et l'échange. Un retour aux voyages "sacs à dos" des années 70... En plus confortable. Certes, il n'y a pas dans cette vision du voyage une innovation épatante qui va venir bousculer les idées reçues sur les vacances. La fameuse "maison bleue" de Maxime le Forestier était à sa façon, dans les années 70, une autre forme d'hébergement coopératif. La nouveauté réside désormais dans la population qui s'intéresse à ce type de voyages. Retraités, jeunes un peu fauchés, curieux chroniques, couples "bobos" qui souhaitent partager une autre vision du tourisme... Bref, les nomades se sentent pousser des ailes et veulent en parler. Car la force de la formule, c'est justement d'autoriser une autre forme d'approche d'une ville ou d'une destination. L'habitant devient un "sachant" qui montrera autre chose que ce que les guides veulent bien dire. Il possède les bonnes adresses et les bons contacts. Il permet de rencontrer celles et ceux qui vivent au quotidien la cité et peuvent le mieux l'évoquer.
Ce nomadisme, sans règle précise, commence à être un peu mieux compris par les sociologues. La durée moyenne du séjour est de 4 jours pour une dépense quotidienne, occupation de la chambre comprise, d'environ 60 €. Difficile de faire mieux même si l'économie n'est pas le seul moteur de ces nouveaux touristes. Incontestablement, 2011 marque le coup d'envoi de ces vacances "new look", loin du Katmandou des routards mais tellement plus proche d'une vision du monde où l'humanisme et la parole restent les deux valeurs sûres du voyage.

Marcel Lévy

Vendredi 27 Mai 2011