Des vacances à tout prix



L’Organisation Mondiale du Tourisme a un optimisme solide. Aussi solide que la croissance qu’elle prévoit pour son secteur d’activité en 2008 : autour de 5%, malgré la hausse des prix et la chute du dollar. En fait, ce qui inquiète le plus l’OMT, ce ne sont pas les aléas économiques ni les attaques terroristes, mais les microbes.

Avec 900 millions de touristes dans le monde, le secteur s’achemine vers une nouvelle année record. Tout va bien ! C’est le message que le secrétaire général de l’OMT –organisme des Nations Unies- a développé ce week-end devant l’Assemblée Générale : "Nous sommes plus préoccupés par le HN51 que par Ben Laden", a-t-il remarqué. "Le plus grand choc pour le secteur du tourisme a été le Sras en 2003", davantage que les attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak ou le tsunami en décembre 2004, remarque Franceso Frangiali. La Réunion peut en parler savamment ! Elle s’en remet, mais le choc du Chikungunyia a été rude.

Manifestement les touristes ont donc pris l’habitude de considérer que le risque terroriste étant général, ce n’était pas un motif pour annuler ses déplacements. En tous cas, c’est la vision de l’OMT. A moduler peut-être, aux regard des crises successives encaissées par l’Egypte, le Maroc ou même à voir les réactions des allemands après l’attentat à la Synagogue de Djerba il y a quelques années.
Les problèmes économiques non plus n’ont pas d’influence ou presque, selon l’OMT : "Les turbulences des marchés financiers, la hausse des prix du pétrole et les fluctuations du taux de change entre l'euro et le dollar n'ont pas eu pour l'instant d'impact significatif sur le secteur du tourisme". Là encore, on peut se poser des questions ! Que la moyenne internationale en soit peu bousculée, peut-être. Mais il y a bien des mouvements locaux : dans le bon sens pour certains comme les américains, qui constatent une hausse furieuse de la fréquentation par les européens depuis que le dollar est faible. Et a contrario, un baril à 100$ bientôt risque d’être très dissuasif sur les longs courriers, avec la hausse des « surcharges carburants » !!

Actuellement, tous les tour-opérateurs Français se frottent les mains: l’hiver s’annonce excellent. Les difficultés économiques ne calment pas les ardeurs, ce qui est bon signe pour le secteur. Et manifestement, les habitudes de vacances changent dans l’Hexagone, avec des vacances en famille et de plus en plus souvent dans la famille l’été, et une ou deux incursions dans les pays chauds pendant l’hiver.

Et vous, vous laisseriez-vous arrêter par des impôts,… ou par des microbes ?

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Dimanche 25 Novembre 2007
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