Des tendances sous influence



Le salon anglais du tourisme qui vient de s’ouvrir à Londres veut faire fi de la crise qui s’annonce. Certes, tous les indicateurs sont au rouge mais les voyagistes restent optimistes pour 2009. «Dans nos pays, les vacances sont une habitude que peu veulent sacrifier», précise même Fiona Jeffery, la patronne du WTM (c’est le nom du salon). Et de fait, les premières observations lui donnent raison. Et comment ? Tout simplement en évitant scrupuleusement les mois d’août et de juillet, trop chers en Europe.

Dans une présentation faite à la presse, les responsables du WTM constatent que l’étalement des vacances devient une réalité. Et de préciser : «Le constat que font les familles est simple : partir en été revient cher, très cher. C’est donc une période où l’on doit rechercher des hébergements familiaux, des campings voire des locations en tribu pour faire baisser les prix ». Et les familles recréent de nouvelles méthodes de voyage.
Avec le rajeunissement de la population, les grands parents "gardiens de la maisonnée" font fureur. Une association anglaise se propose même de gérer le calendrier de respectables retraités qui viendront garder les enfants et les mettre à l’école pendant vos vacances… Le tout gratuitement. Pourquoi ? Mais tout simplement pour profiter des offres de dernières minutes et des prix bas que l’on trouve en basse saison. Autre solution, la tente ou la caravane dans un jardin «d’amis de fraîche date». Des amis recommandés par le bouche à oreille. Une formule qui se développe chez des anglais installés en France et qui ouvrent leurs jardins à des vacanciers en balade. Là aussi les tarifs sont sans concurrence. Seule contrainte : pas plus de deux nuits par semaine et aucune assistance en dehors de l’eau et d’un point « toilettes ».
Autre constat, le «self-travel», né aux USA voici un an, et qui connaît un engouement sans précédent. A partir du net, le déplacement est préparé dans les moindres détails grâce à des correspondants sur place ! Au final, le voyage coûte de 20 à 40% moins cher qu’avec un voyagiste. A tester. Bref, face à la crise qui s’installe, le monde du voyage dans son ensemble reste serein et l'affiche au WTM. Dans la réalité, cette vaste entreprise de "débrouille" se déroule quasiment en dehors des circuits des agences traditionnelles. Et la sérénité n'est que de façade si l’on en juge par les remarques d’un représentant anglais de TUI qui, sous couvert d’anonymat, reconnaissait que le carnet de commandes était au plus bas. En Angleterre comme en France. Rien de bien rassurant pour l'industrie du tourisme.

Marcel Levy
ml@vacancespratiques.com

Mardi 11 Novembre 2008
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