vacances pratiques


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Des low cost sous surveillance




Un million de places gratuites, deux millions à 5 centimes, 600 000 à presque rien… Les promos de ce type sont devenues monnaie courante chez certaines low cost. Un peu trop d’ailleurs, si l’on en croit des députés européens saisis par des clients mécontents. Après leurs premières observations, nos hommes politiques pourraient bien s’intéresser de plus près à la véracité de ces annonces à répétition. Et pour cause: en consultant les données statistiques des aéroports concernés, il semblerait que les volumes de vols et le montant des taxes acquittés soient loin de confirmer la générosité des compagnies.

On pourrait dire : et alors ! Tout le monde connait Ryannair ou Vueling pour ce type de communication. Tout le monde sait que la réalité est loin d’être aussi rose que l’affirment leurs patrons. Et de toutes façons, au final, le billet coûte moins cher qu’avec les compagnies traditionnelles. Pire, les promotions sur un Dinard/Birmingham ne concernent pas toute la population française ou anglaise. On comprend qu’il faudra faire de bons tarifs pour séduire les clients. Easyjet l’a compris en ne développant que des lignes nord/sud (dans les deux sens) ou vers des destinations capables d’assurer un bon taux de remplissage.
Alors que cherchent nos Zorro européens ? De la clarté et de l’honnêteté. On ne peut pas leur reprocher de lutter contre des canards boiteux et des méthodes anticoncurrentielles. On devrait même les encourager. Nous avons été les premiers à dénoncer ici même les dérives de Ryanair. Mais dans cette affaire, vouloir moraliser le monde de l’aérien ne peut se limiter à réorganiser quelques campagnes publicitaires mensongères. Ryanair a déjà été condamné pour ce motif. Un tribunal de plus ne devrait pas les effrayer. Si nos députés les souhaitent, l’aventure du pétrole et des surcharges est intéressante à comprendre. Tout comme l’affichage du prix du billet, bizarrement soulagé d’informations tarifaires essentielles. Un peu comme si l’on voulait se refaire une virginité en renvoyant sur le dos de l’état le montant des taxes voire des surcharges (appelées taxes sur le billet d’avion !).
Moraliser, pourquoi pas. Mais victimiser est dangereux. En se limitant à deux ou trois exemples, on évite d’aller sur le fond. C’est pourtant en eaux troubles que dorment les plus belles magouilles.

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Mardi 23 Septembre 2008