vacances pratiques


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De la liste noire à… la liste noire




Rassurez, rassurez, il en restera toujours quelque chose, semblent penser les hôteliers britanniques : après la liste noire des compagnies aériennes, voici la liste noire des hôtels. Critères de base de cette «black-list», le non respect des règles de sécurité. Un exemple à suivre ?

Il y a déjà la liste noire des compagnies aériennes interdites dans l’Union européenne ou, a contrario, la liste bleue –en cours d’élaboration et exclusivement française- des compagnies aériennes recommandées aux tour-opérateurs. L’initiative de cette liste bleue est née de la cascade d’accidents liée à l’utilisation de compagnies charters peu recommandables par des voyagistes apparemment peu regardants. En Grande Bretagne, une autre tragédie a frappé les esprits : la mort tragique en octobre dernier de deux gamins de 6 et 7 ans, empoisonnés au monoxyde de carbone à cause d’un chauffage défectueux, dans leur chambre de l'hôtel Corcira Beach de Gouvia, une station balnéaire à l'est de l'île de Corfou. Il y a eu également en 2005 la mort d’un petit garçon dans une piscine en Grèce. La mort au bout des vacances. L'horreur.

Ces accidents, selon les hôteliers britanniques, ne serait peut-être pas arrivés si des critères internationaux de sécurité avaient été appliqués pour vérifier les installations. Et comme chacun n’a pas les moyens ou les compétences pour vérifier ces critères, un site internet propose de lutter contre ces errements en «labellisant» les hôtels. Les établissements ainsi audités seront dotés d’une mention en or, en argent ou en bronze ou encore d’un infamant « non recommandable » selon la qualité du matériel anti-incendie, de l'hygiène alimentaire et sanitaire ou encore de la sécurité des piscines, avec vérification spéciale des normes de sécurité appliquées aux enfants. Et parce que chacun de ceux qui programment des hôtels ne peuvent pas être partout, les professionnels du tourisme sont ainsi invités à entrer leur avis dans une banque de donnée susceptible de publier ses résultats au grand public.

Les intentions semblent louables, il reste deux ou trois remarques critiques à faire : le site semble être géré par des professionnels de la sécurité, mais qui garantit leurs compétences et l’objet précis de leur démarche ? Apparemment et curieusement, les hôtels peuvent s’auto-auditer. Pour une prise de conscience réelle de leurs lacunes, ou pour s’auto attribuer une médaille ? Par ailleurs même les professionnels du tourisme les plus avertis sont ils qualifiés pour juger de la qualité et de l’entretien d’un chauffage au gaz ? Qui empêchera un hôtelier peu scrupuleux de « black-lister » son confrère pour tenter de s’en débarrasser ?

Bref, au lieu d’un système quelque peu soumis aux aléas de la compétence, n’y a t-il pas urgence à motiver chaque pays, par exemple chacun des états membres de l’Europe pour commencer quelque part, sur la sécurité ? Et ensuite tenter de normaliser ces critères au niveau européen, si cela n’est pas déjà fait? Allo, Bruxelles?

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Dimanche 18 Mars 2007