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De Pékin à Taïwan




Ce n’est pas encore le grand soleil, mais d’ores et déjà le dégel est en cours. Il était temps ! Mais non, je ne parle pas de météo ni de la banquise, mais de rapprochement chinois : bientôt les touristes pourront aller directement de Pékin à Taïwan, ajoutant ainsi une destination à leur circuit.

C’était la première reprise du dialogue depuis 1995, mais elle a marqué un sérieux rapprochement entre les autorités de la Chine continentale et celles de Taïwan, l’ancienne Formose dirigée si longtemps d’une main de fer par Chiang Kai-Chek. Le nouveau Président Taïwanais avait fait campagne justement sur le thème de la réconciliation pour son élection, et sans qu’on en soit à l’amour parfait, cette réconciliation va passer par les touristes. Ainsi, selon l’accord signé vendredi, dès le 4 juillet et chaque semaine, 36 vols réguliers permettront aux voyageurs d’aller de Chine à Taïwan directement en gagnant un temps précieux. Ils n’auront plus à passer par Hong Kong comme c'est le plus souvent le cas actuellement, alors que Taïwan est à moins de 200 km de la côte chinoise. Les vols survoleront encore l’île chinoise, le temps que les plans de vols soient améliorés, mais huit aéroports de Taïwan seront ainsi reliés à Pékin, Shanghai (est), Canton (sud), Nankin (sud) et Xiamen (sud-est). Et alors qu’environ 1000 touristes chinois étaient autorisés chaque jour à se rendre à Taïwan, ils pourront être 3000 par jour, à partir du 18 juillet, à se rendre dans l'île pour un maximum de dix jours. Uniquement par le biais d'agences autorisées, et en groupes de 10 à 40 personnes. Ce n’est pas vraiment la liberté de circuler mais cela y ressemble davantage et cela correspond à peu près aux capacités d’absorption de l’île.
Un vrai réchauffement, donc. Dont nous pourrions rêver puisque la France reste encore, elle, dans une situation de frimas vis à vis des touristes chinois. Le Quai d’Orsay a du appeler la semaine dernière la Chine à faire cesser le boycott de la «destination France» par les agences de tourisme de Pékin, en faisant valoir que cette attitude était «contraire au partenariat» entre les deux pays. Depuis la crispation franco-chinoise sur fond de crise au Tibet, des voyagistes de Pékin auraient eu des consignes pour retirer la France de leurs catalogues. Démenti officiellement, mais vérifié : en France, les voyagistes spécialisés dans l’accueil des Chinois estiment que le recul de fréquentation atteint quasiment 70% ce mois de juin. Pas de quoi réchauffer nos relations….

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Lundi 16 Juin 2008