Croisière, la loi des séries ?

Après des années sans incident, la compagnie des croisières Costa a essuyé en un mois deux accidents majeurs. Un phénomène qui inquiète autant le groupe italien que ses concurrents, qui s'inquiètent d'une bouderie des passagers.



La croisière avait ces dernières années en France le vent en poupe. Loin des scores que ces promenades en bateau enregistrent aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne notamment, le marché trouvait sa place et son rythme, avec des croisières sur les mers comme sur les fleuves, le Rhin ou le Danube notamment. Les croisières thématiques avaient également de plus en plus de public, croisières musicales ou culturelles notamment, avec orchestres ou conférenciers parfois très pointus.

Cette croissance est elle interrompue par cette série funeste ? Il est clair que Costa, qui bénéficiait jusqu'ici de la meilleure des réputations, va avoir du mal à se remettre. La compagnie a fait de nombreux efforts après l'accident tragique du Concordia, elle se montre carrément généreuse après l'incident de l'Allégra. Les passagers qui ont du interrompre leur croisière vont être totalement remboursés et bénéficier d'une indemnité égale à cette croisière, acheminement aérien inclus ; ils vont également avoir la possibilité de bénéficier gratuitement d’une prochaine croisière (d’une valeur équivalente à celle de la croisière prématurément interrompue) à sélectionner parmi les départs programmés dans les deux ans à venir. C'est donc un triple remboursement dont ils vont bénéficier, à moins qu'ils ne choisissent de séjourner une ou deux semaines à Mahé, aux Seychelles, vol retour inclus, sur les plages de rêve où leur croisière s'est finalement interrompue. Costa, frappée au coeur, semble ainsi faire le maximum pour garder sa réputation de croisiériste préoccupée du confort de ses passagers.

Il reste à savoir si cela suffira. Aujourd'hui les croisiéristes qui embarquent n'ont jamais été aussi assidus aux exercices de sécurité, et les équipages confirment que les questions de sécurité sont plus nombreuses qu'elles ne l'ont jamais été. Ceux qui montent à bord aujourd'hui avaient réservé leur billet il y a longtemps, ils se sont sans doute dit que, statistiquement, il y avait bien peu de chances pour que le sort les frappe eux aussi. Mais que pensent aujourd'hui ceux qui devaient réserver pour l'automne ? Là, c'est le marc de café.

Annie Fave


Mercredi 29 Février 2012
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