Cochons de riches !



Il est parfois des aberrations qui vous feraient presque regretter de militer pour un tourisme durable et écologique. Jugez plutôt : en naviguant hier sur un site Internet de compensation carbone, www.planetair.ca. planetair.ca pour ne pas le nommer, nous avons constaté qu’il était plus polluant de voler en classe Business qu’en classe éco…

Nous sommes partis de l’hypothèse suivante : Un vol aller-retour, pour une personne, entre Paris Roissy et l’aéroport JFK à New-York. Le billet est pris en classe Economique. Selon le calcul du compensateur, nous consommons 2,57 tonnes de CO2 pour une distance de 11667.88 km, ce qui nous coûte 59,11 $Ca. Même calcul pour un voyage en classe Affaires : la distance parcourue demeure, et c’est heureux, inchangée. Par contre, la consommation de CO2 passe à 3,85 tonnes et le coût de la compensation s’élève à 85,55 $Ca. Enfin, pour un voyage en First, on consomme alors 6,16 tonnes de CO2 et le coût s’élève alors à 141,68 $Ca…
Face à ces chiffres, plusieurs questions se posent :
1/ Comment expliquer qu’on consomme plus de CO2 à l’avant qu’à l’arrière de l’avion ?
2/ Dans la même idée, on peut s’interroger : la consommation de CO2 est-elle proportionnelle à la capacité d’inclinaison du siège ?
3/ Et c’est peut-être là la question la plus importante : ne faut-il pas cesser, et ce dans les plus brefs délais, de prendre les voyageurs pour les perdreaux de l’année…
Car nous sommes ici dans un parti-pris très clair qui ne dit pas : « plus tu pollues, plus tu payes » mais plutôt « plus tu es riche, plus tu payes »…
Un parti-pris absurde qui ne repose sur rien et qui décrédibilise totalement le principe même de compensation carbone.


Stéphanie Clément
scg@vacancespratiques.com

Jeudi 14 Février 2008

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