Cochons de payeurs



Etranglées par le pétrole, le pouvoir d’achat à la baisse de leurs clients et les crises de toutes sortes, les compagnies aériennes n’ont pas d’autres choix que de chercher de nouveaux revenus. Iberia, sans doute l’une des pires compagnies européennes en terme de qualité de services à bord, s’est engagée depuis longtemps sur ces voies du « tout payant ». Aux USA, un pas de plus vient d’être franchi : désormais chez Jetblue Airways même les oreillers et les couvertures seront payants !



Deux dollars pour bénéficier un oreiller et d’une couverture… Pour les vols de plus de deux heures. Il fallait y penser. Officiellement, c’est pour des raisons écologiques que la décision aurait été prise. Officiellement, l’écologie a bon dos. Et des idées de ce type, dans les cartons des compagnies, il y en a plein. Après l’alcool payant en classe économique chez American Airlines, ou les écouteurs pour suivre les films, on a vu arriver la valise payante, l’embarquement prioritaire facturé voire, en Inde, le transport de l’aérogare jusqu’à l’avion (payable 2 $) ! Et les projets sont effarants : réservation payante de la place choisie à bord (déjà appliquée au Canada), facturation au poids du bagage à main, vente des journaux à bord ou du plateau repas sur les longs courriers. On le comprend, les efforts marketing pour maintenir des prix bas doivent être financés par les clients. Libre à eux d’acheter ou non ces options.
Autant de signes qui annoncent l’arrivée du « middle cost » successeur annoncé du « low cost » dont on perçoit aujourd’hui les limites. Reste que les spécialistes sont formels, la rentabilité de ces nouveaux modèles économiques est plus hasardeuse. Sans compter que ces politiques tarifaires à tiroirs déçoivent les clients même si les prix restent compétitifs. On l’a vu cet été avec des offres alléchantes, invérifiables et décevantes pour les clients qui ne trouvaient pas les places annoncées à prix fracassés. Les millions de billets à 20 euros, dont personne ne peut contrôler l’existence réelle, pourraient bien n’être que de piètres écrans de fumées.

Marcel Levy
ml@vacancespratiques.com

Mardi 5 Août 2008
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