Cloués au sol



Les unes après les autres, les compagnies aériennes réduisent leur capacité. Autrement dit le nombre de places disponibles à bord. L’objectif ? A l’heure où le pétrole augmente, assurer la rentabilité. Et l’inquiétude gagne à grands pas.

C’est simple : la facture de kérosène a doublé depuis un an. Beaucoup de compagnies avaient protégé leurs arrières, à commencer par Air France qui touche une grande partie de son fuel à 83 € grâce à des « couvertures », autrement dit des assurances. Une grande partie, mais pas la totalité. Et même en appliquant des « surcharges carburant » qui pèsent de plus en plus sur le prix que nous payons, la compagnie affirme que le montant total de ces surcharges ne représente que 47% de sa dépense carburant. Dont acte. Et difficile de vérifier. La figure très longue de toutes les compagnies à l’assemblée générale de Iata à Istambul est plus explicite et reflète bien les inquiétudes. De plus en plus de compagnies annoncent une réduction du nombre de vols à la rentrée, pour qu’ils soient plus remplis donc plus rentables. Les compagnies américaines ont donné le coup d’envoi, les low-costs européennes ont suivi en commençant par Ryanair qui devrait laisser une quarantaine d’appareils au sol, ou Germanwings, filiale de Lufthansa, qui laissera 4 de ses 29 avions sur le tarmac. La plus optimiste pour l’instant, Air Mauritius, compte reprendre un programme d'hiver en hausse de 1% contre les 4% initialement prévus, mais cela grâce à une implantation géographique qui lui permet d’assurer un soleil d’hiver.
Et alors ? Et bien l’affaire n’est pas sans conséquence pour toute l’économie. Des avions au sol, cela veut dire des pilotes et des hôtesses au chômage. Des vendeurs d’avion qui ne remplissent plus leur carnet de commandes et donc des industriels qui, s’ils ont encore des carnets bien pleins, auront moins de travail à moyen terme. Pour le voyageur, cela veut dire des lignes en moins, des avions pleins, donc moins de billets pas chers, et de plus en plus de surcharges carburant. Mauvais karma, pour tout le monde.

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Jeudi 3 Juillet 2008
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