Chère grève



Le trafic aérien d'Air France au départ de Paris est resté fortement perturbé hier dimanche, au troisième jour de la grève des pilotes, avec un tiers des vols long-courriers et la moitié des moyens-courriers annulés. Et il n’y a pas de promesse d'amélioration d'ici ce lundi soir puisque c’est aujourd’hui que le Sénat examine le texte de la discorde, celui qui repousse l’âge de la retraite des pilotes de 60 à 65 ans.

Ils n’ont pas ménagé leur peine : le Président Spinetta s’est fendu d’une « lettre aux pilotes » publiée sur le site de la compagnie. La Fédération Nationale de l’Aviation Marchande a publié un communiqué, critiquant le mouvement. Vendredi soir, espérant pouvoir mettre couper court à la grève, le ministre du Travail Xavier Bertrand et son collègue des Transports Dominique Bussereau ont déposé ensemble un nouvel "amendement gouvernemental" sur la retraite des pilotes, améliorant le texte controversé. Une texte "rédigé de façon précise et négocié avec le SNPL, pratiquement ligne à ligne », disait on ministère des Transports. Mais rien n’y a fait : le SNPL demande désormais "le retrait" pur et simple de l'amendement qui doit être examiné ce lundi au Sénat après avoir été voté par les députés. Et on imagine mal une issue au conflit d'ici ce soir ! Le nouvel amendement insiste sur la notion de "volontariat" et garantit aux pilotes de pouvoir, entre 60 et 65 ans, cesser leur activité à tout moment aux mêmes conditions financières qu'actuellement, mais pour le syndicat des pilotes, "L'habillage est un peu différent (du précédent amendement, ndlr) mais le contenu est rigoureusement le même", affirme Erick Derivry, l’un des porte-paroles du SNPL, "Le déplafonnement (à 65 ans) n'est ni nécessaire, ni utile. On veut regarder de plus près ses conséquences, et ouvrir un débat sur l'emploi, l'embauche, les carrières, la sécurité, la santé et le régime de retraite ».
Débat exemplaire ou d’arrière garde, surenchère ? En tous cas aujourd’hui la galère continue pour les passagers. Air France a calculé que ce conflit lui coûtait 100 millions d’euros…. Soit le prix d’un Boeing 777 300, l’un des derniers né de l’équipementier !.

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Dimanche 16 Novembre 2008
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