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Chambres d’hôtes, attention à la dérive




Prenez quelques meubles chinés lors d’une brocante, un papier peint vieille France et deux ou trois vieux livres posés nonchalamment sur une fausse cheminée… Et hop, nous voilà à 110 € la nuit pour une chambre d’hôte perdue en pleine campagne. Et qu’importe si parfois la fenêtre donne sur un parking ou sur un mur décrépi. C’est du charme, vous dis-je ! Cela n’a pas de prix.

Pour nos amis anglais, la France connaît une dérive tarifaire de ses chambres d’hôte. Selon le Times, dans son édition du week-end dernier, les prix augmentent sans raison pour des produits qualitativement moyens. Et de citer des tarifs exorbitants pour une petite chambre à Aix en Provence, sous les toits, commercialisée plus de 160 € en juillet dernier. Tous les spécialistes l’avaient bien dit : trop de chambres pourrait bien de tuer le produit et les envies des touristes d’aller à la découverte de nos compatriotes. Le Times le souligne : « On constate souvent une vision trop hôtelière du produit avec un accueil peu ou pas sympathique et presque pas de contacts avec les propriétaires ».
Bien évidemment, toutes les chambres d’hôtes ne sont pas à balayer d’un revers de main. Il en existe d’excellentes. Et pas forcément dans les guides qui privilégient souvent un professionnalisme avancé. Mais si l’on ne peut pas contester les prix qui s’envolent, force est de reconnaître que l’entretien et la mise à disposition d’une ou plusieurs chambres finit par coûter cher. Une quadrature du cercle que seule une bonne fréquentation peut gommer. Et là, nos amis anglais ont des idées : une certification nationale de qualité et une gamme de prix « normalisée » en fonction de la qualité de la chambre. En clair, un système d’étoiles pour les particuliers qui serait basé sur un contrôle indépendant reconnu par le Ministère du Tourisme. Il existe bien sur de telles notations mais il est vrai que certains choix surprennent. Pour autant, on le sait, c’est le bouche à oreille qui fait la notoriété. Ce prosélytisme qui garantit seul que le choix que l’on fera, ou suivra, sera le bon. Finalement, une vision très classique que le Times explique aisément « Nous les anglais sommes très attachés aux valeurs de la maison. C’est sans doute pour cela que nous nous savons très vite juger celles qui sont éloignées de nos attentes ». Il est déjà fait le contrôle ?

Marc Dandreau

Lundi 16 Novembre 2009