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Botswana, rendez-vous en terre inconnue




Des tentes de luxe avec vue sur le delta de l'Okavango
Il ya quelques années, Nicolas Hulot sur TF1 conduisait les français dans le delta de l'Okavango. Un fleuve sans source qui va se perdre dans les terres d'Afrique sans jamais voir la mer. Un lieu unique, magique qui invite à la visite. Un bonheur suprême !

Atteindre le Botswana, au départ de Paris se mérite. C’est via Johannesburg, en Afrique du sud que l’on rejoint Maun, la capitale du pays. Une ville aux accents coloniaux où seuls quelques bars « d’expats » viennent troubler la quiétude des lieux. Il faut dire qu’en cette fin d’été, début mai, il fait chaud, très chaud. Près de 38°. Inutile alors de s’attarder dans cette capitale qui n’offre rien d’exceptionnel si ce ne sont quelques cases rondes, traditionnelles, peintes en blanc et disséminées ci et là entre quelques bâtiments modernes. C’est de Maun que partent les petits avions privés vers les lodges. Peureux, ne pas s’abstenir. Les pilotes sont formés au vol à vue et connaissent tous les pièges de la région. Même si l’avionnette bouge un peu, aucun risque. D’ici on part vers des camps de toiles, des lodges, plantés en plein milieu de la forêt et qui, de par leur luxe, ont fait de la destination un voyage plutôt cher. Qu’importe, le rêve est au bout de la jumelle. Dès la descente d’avion, à même la piste herbeuse, un troupeau de zèbres donne le ton du séjour. A peine effrayée, une petite dizaine d’animaux s’enfonce dans la forêt, chassés on ne sait par quels bruits bizarres. Bienvenue en Afrique.

Okavango, le premier voyage

Le baobab, plus que centenaire, roi de l'Afrique
Parler d’un fleuve de 1800 km de long, évoquer sa source près de Nova Lisboa en Angola et ne jamais citer son embouchure peut surprendre. Et pourtant, l’Okavango est un mystère naturel, résolu depuis longtemps, et qui reste plus qu’étonnant pour le voyageur peu initié aux sciences hydrologiques. Les eaux du fleuve viendront se perdre dans le désert du Kalahari. Lentement, doucement. Entre la période de pluies intenses en Angola et le plein eau dans le delta il faudra près de trois mois. 90 jours, pas moins, pour transformer un herbage quasi désert en un ensemble de canaux et de marais fréquentés par les hippopotames et les oiseaux. Pour vivre cet Okavango, il faut y résider. Les pieds sur l’eau. Entre nature sauvage, fréquentée par des animaux tout proches et d’immenses herbages qui dissimulent l’horizon. C’est à Eagle Camp, à Xaxaba qui signifie l’île aux grands arbres, à une heure de Maun, dans un campement Orient Express, que débute notre séjour. Imaginez des tentes luxueuses aménagées à la Livingstone, climatisées et dotées d’un lit à baldaquin qu’éclaire un voilage protecteur. Ici, le temps s‘arrête. Pas de portable, pas de télé dans les chambres.

Des journées intenses

Les pieds dans l'eau face à l'infini
6 heures à peine. Des pas sur le deck extérieur annonce l’arrivée du café accompagné de quelques gâteaux. Le temps d’une première collation, avant le rendez-vous de 6h45, pour le départ en brousse. Les plus courageux iront au buffet se satisfaire de quelques fruits. Les autres devront attendre le retour vers 11 ou 12 heures pour un brunch plus complet. Et d’ici là ? La nature à l’état brut. Notre première matinée débute en bateau. En moroko plus précisément. Des pirogues fines et allongées creusées dans un tronc d’arbre et d’une étonnante stabilité. Vu la faible profondeur de l’eau, comme à Venise, c’est une longue perche qui assure le mouvement. Un geste d’une étonnante grâce que les guides apprennent dès leur plus jeune âge. En deux heures, avec pour seul bruit le frôlement de la barque sur l’eau, le delta se livre aux visiteurs. Ici ce sont les oiseaux qui règnent en maître. Bruissements d’ailes et cris stridents accompagnent et précèdent notre passage. Nous ne les voyons qu’au loin. Eux nous observent depuis longtemps. Pourtant, cette première matinée va s’arrêter bien avant l’heure. Sortie d’un talkie-walkie, la voix d’un autre guide de l’hôtel nous apprend que les lions sont en vue. A peine à dix minutes du camp. Voilà trois semaines que personne ne les avait aperçu. Une aubaine. Retour rapide et précis au camp pour sauter dans une vaste jeep à trois niveaux. Départ sur les chapeaux de roues… Le spectacle est au bout de la piste.



Bienvenue à Eagle Camp

Le lion, une fois repu se laisse approcher
Il y a des moments dans le voyage où l’humain est plus fort que l’environnement. Jacob, notre guide fait partie intégrante de cet exceptionnel déplacement. Les lions, c’est lui qui va les trouver. Perchée au loin sur un tronc d’arbre, la lionne assure la sécurité du troupeau. Jacob nous dit en souriant que « le lion est comme les hommes de sa tribu… Il laisse aux femmes la gestion du quotidien ». Et de nous expliquer en détail la vie du roi des animaux. Un cours d’histoire naturelle au milieu de nulle part avec pour seul témoin l’objet de tous nos regards. Et pour cause ! Ils sont une petite douzaine à s’approcher de nous. Pas de crainte, ils ne s’attaqueront pas au véhicule. A moins de dix mètres, sous l’ombre d’un acacia puissant, ils vont se poser face à nous. Les lionceaux au centre d’un groupe qui a ses codes. Si la crinière du male s’effondre rapidement sur une souche accueillante, la femelle veille. Pas un son ne lui échappe. Les oreilles frémissent et se bougent comme un radar à l’affût de ce qui pourrait venir troubler la famille. Jacob sait que le repas a du être fait le matin même ce qui explique cette sieste bienfaisante alors qu’au loin passe un troupeau de zèbres….

Le mariage de l’eau et de la brousse

L'antilope, impossible de les manquer
Difficile de quitter le spectacle des yeux. Impensable d’abandonner ici les lions. Chacun rêve d’une suite qui verrait l’animal s’élancer à l’assaut d’une proie. Chacun imagine le combat déchirant. Mais rien à craindre, nos spécimens semblent avoir de la famille chez Bouglione et se prêtent aux jeux des photos… Presque en souriant. L’arrivée à Eagle Camp marque le début de quatre heures de calme. Repas commenté suivi d’une sieste sur un hamac face au Delta. Rêve encore et toujours de ces aventuriers explorateurs du début du siècle… Insensibles au danger. Justement Jacob nous explique avant de repartir qu’il ne faut jamais quitter seul sa tente dès que la nuit est tombée. Un coup de fil à la réception et l’on viendra nous chercher. Fin de l’aventurier qui sommeille en nous. L’Afrique et la brousse sont dangereuses, ne l’oublions jamais.

De surprise en surprise

L'hippopotame, séduisant et dangereux
De fait, l’après-midi nous conduit à la recherche d’hippopotames Sympathique chez Disney… Effrayants dans l’Okavango. Jacob est direct « pas de main dehors, personne debout. L’animal est loin d’être facile et peut charger le bateau s’il se sent attaqué ». Inutile de dire que les conseils sont suivis à la lettre. Pendant les quatre jours sur place, l’exceptionnel devient quotidien. Survol de la brousse et du Delta en hélicoptère, champagne sur le pont d’un bateau à fond plat ou séances de farniente au bord de la piscine… Sans oublier des déjeuners qui mélangeaient cuisine africaine et européenne. Un régal. Mais ce qui restera le plus dans les esprits, ce sont les fins de soirée, juste après le dîner, autour d’un feu savamment entretenu. Reste aussi les souvenirs d’une chambre insolite, unique comme sortie du temps. Du vent sur la toile qui caresse d’un souffle les parois de la tente. Des lumières du matin qui viennent jouer avec les moustiquaires ou cette chaise longue face au Delta qui invite l’imagination à voguer vers des histoires de brousse marquées par le sang, la violence et la douceur des paysages. Toute l’humanité résumée en quelques mots.

Un voyage à étapes

L'éléphant aime sa tranquilité et le fait comprendre
A peine Eagle Camp quitté, cap à l’Est en direction de la rivière Cobe, puissante et d’un bleu profond. Première étape à Kwai River Camp avant de rejoindre Elephant Camp, dernier arrêt de notre circuit découverte et autre enseigne Orient Express au Botswana. C’est là que se déroule la rencontre avec les éléphants. Les maîtres des lieux. Ils sont là, dix mètres sous la terrasse de l’hôtel. Sur un point d’eau naturel où près d’une dizaine de pachydermes séjournent en permanence. Ici aussi Dumbo ressurgit de nos mémoires. On a envie de s’approcher de les toucher. Erreur fatale. L’éléphant n’aime pas être bousculé et peu tuer d’une simple charge.

Il existe à peine une soixantaine de lodges au Botswana. Et si le choix peut apparaître difficile, il est impensable d’essayer d’organiser par soi- même le voyage. Valeurs sûres de la destination, les établissements cités ici offrent l’intérêt de proposer une véritable visite du pays qui alterne zones humides et zones sèches. Une vision plus que parfaite de cet Afrique nature.

Le lodge, un havre de paix aux milieu de nulle part
Dr Livingstone, I presume ?

Vivre dans un lodge se prépare. Non point pour des codes imaginaires de bienséance ou de savoir-vivre mais pour aborder au mieux la nature environnante. Compte tenu des transferts en petits avions, le bagage ne doit pas dépasser les 20 kg. Inutile alors de se charger en vêtements variés. Les tenues décontractées sont de mise et les lodges Orient Express assurent gratuitement l’entretien quotidien du linge. Les soirées sont assez fraîches. Un pull est donc de rigueur. Idem pour les départs matinaux en brousse. Oubliez le simple tee-shirt et prenez une veste ou un blouson. Pensez aussi à un pantalon mixte (long pour partir à l’aube et qui d’un simple zip à tirer se transforme en short). Attention aussi aux chargeurs d’appareils photos. Il faut prévoir des adaptateurs électriques et penser à les charger dans les périodes où il y a de l’électricité.

Le bon conseil

Les plus beaux lodges du pays sont signés Orient-Express Hotels, Trains & Cruises. Ils offrent une vision unique du pays et s'intègrent parfaitement dans le travail de protection de l'environnement mené par le pays. Des guides spécialisés, associés à des rangers, assurent une découverte des lieux. Un must

Tél. : 01 55 62 18 00 - réservations.France@orient-express.com

Des chambres raffinées pour se reposer