Bonjour, Merci, au revoir

Au risque de passer pour un vieux tromblon (assertion que confirment déjà mes « amis »), il y a trois mots essentiels dans la vie, sortes d’huile pour les engrenages, qui facilitent les relations humaines.



Les français dans le monde sont considérés comme des râleurs, jamais contents et malgracieux. De Pékin à New York, ce qui revient souvent en évoquant les frenchie’s, c’est leur mauvais caractère. Comme une sorte de marque de fabrique qui remplace lentement mais sûrement la baguette et le béret. A croire que voir des étrangers ravive notre combativité. Il suffit pour s’en convaincre de fréquenter, dans un quartier touristique, une bonne boulangerie de chez nous. C’est le cas au pied de nos bureaux. La « patronne » est loin d’être affable, elle prend même un malin plaisir à se plaindre de tout et de rien en insultant ci et là politiciens et livreurs de farine, clients et policiers. Bref, le premier qui entre. Juste une mise en bouche pour les francophones. Ni bonjour, ni merci. Rien, juste rien.
Là où elle se révèle, c’est lorsqu’un japonais ou un américain tente d’acheter un croissant (médiocre d’ailleurs). La langue n’est plus un barrage mais un point de départ de bruits en tout genre qui soulignent l’incapacité du touriste à parler le français. Grognements, râles, bruits de baleine échouée face à lenteur des clients, tout y passe… Et pour cette brave française que les clients quittent d’un « Thank you » ou d’un « Arigato », le pire c’est que pour elle, ils ne disent ni merci ni au revoir. Des mots qui sont loin d’être le lieu commun du commerce touristique en France. Et lorsqu’un client lui fait remarquer qu’elle non plus n’est guère plus polie, elle assène l’une de ces vérités populaires inattaquables : moi, je suis chez moi !

Marc Dandreau
info@vacancespratiques.com

Mardi 30 Mai 2006
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