Bizarre non, ces tendances ?



Prenez un jean, déchirez-le avec force, lavez le à la javel et collez dessus l’étiquette d’une grande marque… Voilà pour 400 euros, le fin du fin de la mode. Construisez un hôtel en béton, laissez le tel quel, brut à souhait et posez quelques meubles blancs en plastique au milieu d’un salon dépouillé. Vendez vos chambres, un peu plus de 700 euros et hop, vous voilà design à souhait. So tendance. Imaginez un séjour en Tunisie et un avion qui a deux heures de retard et là, 280 personnes en colère vous expliquent que franchement pour 100 euros le vol, vous pouvez faire mieux ! Tout juste si on ne vous traite pas d’escroc !

« Au risque de ne rien comprendre », c’est le titre francisé d’un livre publié à compte d’auteur aux Etats Unis et qui connait depuis deux semaines un franc succès sur la côte Est des USA. L’auteur met le doigt sur les contradictions que nous vivons tous les jours et souligne celles, difficiles à comprendre, qui animent notre vie quotidienne. Dans ses réflexions, Mike Supt, l’auteur, constate que c’est dans l’univers des vacances et des voyages que nous sommes le plus exigeants. « Nous n’acceptons plus d’attendre, de patienter avant d’embarquer et réclamons des services supplémentaires en exigeant des prix sans cesse à la baisse ». Autrement dit, on réclame la quadrature du cercle. Et autant de choses qui, dans la vie courante, ne seraient pas forcément acceptables. Le livre, rédigé à partir des lettres de réclamation écrites auprès d’associations américaines de consommateurs, met le doigt sur de prétendues failles dans le voyage qui, le plus souvent, ne sont que de simples incidents. « Il apparait clairement que l’immatériel, l’impalpable, suscite des réactions qui vont au delà de leurs portées réelles » souligne l’auteur qui insiste sur le fait que « Nous ne réagissons pas de la même façon en achetant une chaîne hifi ou un appareil photo dont, au final, nous n’utilisons que 20 % des capacités ». Reste à analyser ce qui provoque ces exigences, pour mieux répondre aux attentes des voyageurs. A moins, comme le suggère Mike, de créer « Un permis de voyage, délivré et réservé à celles et ceux capables de vivre en toute sérénité leurs déplacements ».

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Lundi 17 Novembre 2008
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