Big bang



Le changement d’heure, changements d’horaires de la nouvelle saison aérienne et changement d’organisation, pour Heathrow, ont accompagné ce week-end un changement considérable d’organisation pour l’avenir du transport aérien entre les Etats-Unis et l’Europe. Désormais, les deux partenaires ont un «ciel ouvert». Enfin, pour l’heure, pas ouvert pour tout le monde.

C’était un week-end de réorganisation dans les compagnies aériennes. Le changement d’heure s’accompagne toujours d’un changement de saison donc de planification des vols, ce qui est devenu relativement routinier. Moins habituel le gros bazar qui s’est installé depuis jeudi dernier à Heathrow, où la nouvelle répartition des compagnies dans les terminaux se fait dans la douleur, au point que British a du annuler samedi quelques 65 vols. La pauvre compagnie a décidément bien des déboires depuis plusieurs mois, à se demander si elle ne devrait pas mettre un cierge à Sainte Rita, la patronne des causes désespérées… Et elle va encore avoir à évoluer car c’est aussi ce dimanche qu’est entré en application le fameux ciel ouvert entre les Etats-Unis et l’Europe.
Cet accord historique libéralise les vols transatlantiques, mettant fin à 60 ans de réglementations et d'accords bilatéraux entre les Etats-Unis et les pays européens. Pour Londres, l’accord Bermuda II (par lequel certains s’étaient un peu retrouvé en short, mais bon) en vigueur depuis 30 ans n’autorisait que deux compagnies américaines et deux britanniques à voler entre Heathrow et les Etats-Unis. Il y avait eu des concessions, mais toujours sur la base de la réciprocité. Maintenant, à chacun sa liberté, du moins tant que la compagnie trouve des « slots », ces fameux créneaux pour atterrir et décoller des aéroports convoités. Et là, ce n’est pas gagné puisque Londres, malgré son nouveau terminal, n’a pas plus de pistes. Et à New York, JFK est tout autant saturé si ce n’est plus.
Désormais donc, les compagnies qui ne pouvaient décoller que de leur pays d’origine vont pouvoir faire du cabotage. Air France pourra faire un Paris-Londres – New York si cela lui chante, ou du Paris – Amsterdam - Miami si cela lui plait. De quoi remplir les avions, générer plus de concurrence, et donc des prix sûrement revus à la baisse. Et un choix d'horaires plus large ainsi qu’une augmentation de la fréquentation des vols transatlantiques : le Parlement européen table sur une hausse de 50% sur 5 ans. Tout cela devrait profiter aux voyageurs.
Il y a tout de même un gros bémol : les compagnies européennes n'auront toujours pas le droit de faire du cabotage entre les villes américaines. Pas de Los Angeles-Chicago-Berlin pour Lufthansa, c’est interdit. Alors que les compagnies américaines, elles, peuvent relier les villes de l'Union européenne. Des négociations sur ce point doivent s’engager à l’occasion d’une deuxième phase de discussions qui doit débuter en Mai prochain. Pour l’heure, les Etats-Unis ont la main.

Annie Fave
af@vacancespratiques.com

Dimanche 30 Mars 2008
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