Bienvenue aux «vieux» voyageurs, le royaume de la découverte leur est ouvert

Dans les années 70, le «droit aux voyages» revendiqué par Jacques Maillot, le fondateur de Nouvelles frontières, a conduit des millions de sacs à dos à la découverte du monde. De Katmandou à New York, via l’Afrique ou l’Asie, près de 9 millions de jeunes se sont rués en cinq ans à l’assaut des premiers charters qui, pour certains, faute d’une législation française favorable, partaient de Bruxelles. Les voyageurs de l'époque en ont gardé des traces !



A l’époque, le billet vers les Etats Unis coûtait un peu plus de 1000 francs, soit environ 150 € d'aujourd'hui, et les jeunes faisaient du stop, prenaient le car ou le train pour embarquer vers l'Eldorado. Maintenant ces jeunes, devenus pudiquement (et pour faire politiquement correct) des «baby-boomers» commencent à flirter avec la retraite et sont redevenus des voyageurs. Avec 40 ans de plus. Moins aventuriers, moins pétris de grandes idées politiques, plus adeptes de confort que de toile de tente. Mais de vrais voyageurs pour qui la vraie vie commence : le chien est mort et les enfants ont fini la fac, comme disent les américains ! Cette nouvelle clientèle qui pointe son nez sur le marché des voyages risque bien de bousculer les idées reçues sur les voyages organisés. On estime que dans cinq ans, ils représenteront un peu plus de 25 % du marché des voyages et que pour 58 % d’entre eux, les déplacements se feront en groupe de copains. Mieux, formés pour beaucoup à l’internet, ils sont des organisateurs nés, capables de passer le temps nécessaire pour concocter une découverte de Bali ou un tour des Etats-Unis. Friands d’informations, ils prennent le temps de chercher et d’analyser les offres. Bref, ils vont venir bousculer un marché français du tourisme industriel persuadé qu’en dehors de la Tunisie et de l’Egypte il n’y a point de survie commerciale.
Ces nouveaux clients ne sont pas seulement des voyageurs. Ils sont aussi grands parents, animateurs de clubs, bénévoles dans des associations… Bref, habitués aux groupes. Ils deviendront naturellement des «agents de voyages privés» avec l’expérience professionnelle de la négociation, des achats ou de la vente. Des clients redoutables pour les jeunes agents de comptoirs qui auront à se frotter à eux puisque, anciens baroudeurs, ils connaissent bien souvent les destinations qu'ils programment à nouveau ! Bref, l’ère nouvelle qui s’annonce devrait lentement, mais surement, bousculer le voyage ces prochaines années. Un peu comme Mai 68 avait secoué les mentalités. On peut s’attendre à une nouvelle révolution, tranquille et efficace. Que du bonheur !

Marcel Levy

Vendredi 25 Février 2011
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