vacances pratiques


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Balayer devant sa porte




Tu ferais bien un édito, pour l’ouverture de la semaine du développement durable, non ? Tourisme durable, équitable, cela devrait t’inspirer ? Mais bien sûr. Et hop, me voilà avec la patate chaude. Autant me demander de résoudre la quadrature du cercle ! Comment parler de tourisme éthique sans passer pour une rabat-joie, une bonne sœur ou pire, une donneuse de leçons ?

Cette semaine, on va parler « durable ». Energie, comportement, déchets, tout y passe… y compris le voyage. Depuis l’an dernier, le « tourisme durable » est un concept à la mode. Au salon professionnel Top Résa, en septembre dernier, bien des stands étaient colorés en vert. Depuis, le Grenelle de l’environnement est passé par là, et si un seul de nos lecteurs n’a pas entendu parlé de compenser ses émissions de gaz à effet de serre, c’est qu’il était depuis des lustres sur la planète Mars !
Un beau geste, la compensation. Le début d’une prise de conscience, doit-on dire de bonne conscience ? Presque tous les sites de voyagistes et de compagnie aérienne proposent désormais de « racheter » sa production de carbone en finançant des projets écolo. Bonne idée. Mais nous restons avec quelques bémols : les modes de calcul des GES et les prix affectés à la tonne sont extrêmement variables, si bien que pour un même déplacement, la « facture » varie de 1 à 4 selon les sites. Qui contrôle la réalité des projets, généralement réalisés au bout du monde ? Ok, le système repose sur la confiance, je n’ai rien dit.

Donc je compense, et je pars. Où, pour faire quoi ? Qui me dit que le site de vacances que j’ai choisi dispose bien des installations qui vont bien, en terme d’environnement ? Que le TO que j’ai choisi a une éthique dans son mode de fonctionnement ? Je veux bien aller marcher dans le désert en ramassant mes déchets, mais est-ce que ma p’tite famille d’ados va aimer, plutôt que de s’éclater dans un club balnéaire en Turquie… pas forcément plus irresponsable que cela, d’ailleurs.
Des petites plaquettes circulent depuis quelques mois sur Internet pour que chacun sache les gestes à faire ou pas : ne pas donner aux enfants qui quémandent mais aux instit ou aux chefs de village. Si possible des produits achetés sur place, pour faire vivre l’économie locale. Ne pas acheter les souvenirs Made in China mais les produits locaux. Oublier ou limiter la clim’… Bref, se poser des questions. Le pire, c’est clair, serait de ne pas le faire ! Mais on n’a pas toujours les réponses. Cela dit, est-ce que tout cela ne reposerait pas, justement, sur la façon dont chacun se regarde devant la glace ? Un comportement citoyen…durable.

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Lundi 31 Mars 2008