Avion manqué



Même mort, on peut rater un avion ! C’est ce qui est arrivé à un Canadien, dont le cercueil a manqué une correspondance, ce qui lui a valu de ne pas être à ses propres obsèques. La famille soupçonne qu’il y ait eu échange de cercueil au profit de bagages. C’est vrai que les passagers bien vivants, eux, réclament !!

Dennis Hamilton est un travailleur de l’industrie pétrolière, décédé la semaine dernière dans l’Alberta, la province canadienne qui fait ses choux gras de ses schistes bitumineux. Mais le monsieur était originaire de Terre-Neuve, la dépouille a donc du faire le trajet Edmonton-Montréal puis Montréal Terre-Neuve. Las, les cercueils ne sont pas mieux traités que les passagers bien vivants, et un retard au décollage a fait manquer la correspondance au bagage très spécial, si bien que les obsèques ont attendus, attendus… comme on peut attendre le grand oncle Sam a l’aéroport, interminablement. La belle-sœur de Dennis, elle, a une autre explication : elle est certaine que la compagnie aérienne a déchargé le cercueil pour faire plus de place à des valises, tout simplement. C’est vrai qu’a priori un cercueil, ça râle moins qu’un passager privé de bagages, et ça ne réclame ni achat de brosse à dents, ni indemnité de remplacement de pyjama !! Au fait, est-ce que les conventions internationales ont prévu des indemnités pour livraison tardive de cercueil ? L’histoire ne le dit pas. Comme elle ne dit pas si Dennis avait tant envie que cela d’aller se geler définitivement à Terre-Neuve… Elle est peut-être là, l’explication : le fantôme était récalcitrant, il voulait rôtir ses vieux os au soleil !

Anne Le Goff
alg@vacancespratiques.com

Jeudi 10 Avril 2008
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