Au delà de cette limite



L’affaire est-elle vraie ou fausse ? Voilà qu’elle rebondit en France sur le site du quotidien 20 minutes. Un propriétaire «européen» d’un riad à Marrakech serait sur le point de faire fermer une mosquée du quartier de Derb Imnabha pour «convenance personnelle». L’article, un peu court, ne donne aucune explication et la vidéo jointe à l’affaire tient plus de la propagande que de l’information. Dans un pays comme le Maroc, profondément respectueux de l’étranger, on ne peut que douter de la véracité des faits qu’aucune agence d’information ne valide. Pas même les autorités locales. Preuve qu’il faut se méfier de ce que divulgue le net.


Un simple tour sur le site de l’auteur du texte publié par 20 minutes suffit à révéler les buts qui animent l’animateur des lieux. Un puissant anti-sionisme associé à un extrémisme évident qui a conduit le site Dailymotion à effacer les 300 commentaires déjà postés. En fouillant un peu plus, on se rend vite compte que la plupart des informations envoyées par cette personne sont souvent sans fondements et totalement erronées. Pire, l’excuse donnée est vieille comme le monde : le Muezzin qui à l’aube réveillerait les propriétaires des lieux. Déjà en 1928, dans la Vigie Marocaine, le sujet était d’actualité à Fès. Déjà en 1928, il s’agissait d’une affaire montée de toute pièce autour d’une mosquée insalubre qui tombait en ruine que l’on voulait simplement raser pour éviter des accidents. Il en va ainsi des temples, des églises ou des synagogues qui ne sont que des lieux matériels pour recueillir la spiritualité immatérielle. Qu’importe, chacun est libre d’exprimer sa pensée sur la toile. C’est une règle d’or. Mais cette affaire pose un problème plus vaste: comment faire le tri des informations publiées sur le net et qui visent parfois à déstabiliser un pays ? Il y a quatre mois, c’est un site américain qui «révélait», photos truquées à l’appui, la disparition de 6 étrangers au Sri Lanka. Rien, pas une preuve, pas une piste... Et pour cause, l’info était fausse. Idem pour ceux qui écrivent aujourd’hui sur des sites francophones que les touristes ne vont en Egypte que pour violer leurs jeunes enfants. De la propagande contre le tourisme et les touristes. Au final, on se prend à rêver d’un site qui relèverait, et dénoncerait, les mensonges publiés sur le net et qui attisent les haines et les rancœurs là où il n’y a pas lieu d’en avoir. Le voyage réunit et ne divise pas. L’oublier serait revenir des siècles en arrière.

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Mercredi 5 Mars 2008
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