vacances pratiques


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Attention, trop de sport peut nuire aux voyages




Le sport est le dernier domaine où le nationalisme prend le pas sur les grandes idées mondialistes. Le rugby, vendredi soir, et le foot (samedi à Milan) démontre aisément que le plus équilibré des citoyens peut devenir le plus dangereux des nationalistes à la simple vue d’un ballon, qu’il soit rond ou ovale. Oui mais, si cette mutation ne dure que deux mi-temps, inconsciemment elle peut nuire aux vacances. Chauvinisme et revanche obligent.

La finale de la dernière coupe du monde n’a pas fait que des bleus à l’âme. Les quinze jours qui ont suivi la rencontre ont démontré que moins de français s’étaient rendus en Italie et que les tendances pour l’été avaient connu un sérieux ralentissement début juillet. Heureusement, cette analyse n’est pas française. Présentée à Francfort, par Henrich Boehms, le patron d’une société d’étude spécialisée dans l’hôtellerie et le tourisme, l’étude faite à l’occasion de la coupe du monde de football en Allemagne, affirme clairement que l’on garde en soi le souvenir d’un événement sportif douloureux. Fort de ce constat, les experts allemands ont analysé tous les chiffres de fréquentation des pays à vocation touristique après des coupes du monde de football et de rugby (dès 1987) mais aussi du tour de France (depuis 2000). Les résultats sont sans appel : il y a une légère baisse de fréquentation dans les semaines qui suivent une finale de foot ou de rugby. Un constat que l’on ne retrouve pas pour les jeux olympiques, les tournois de tennis ou les rencontres de golf. Pour autant, la conclusion laisse un peu à désirer. Selon ces spécialistes « l’approche populaire du foot explique la vision un peu primaire des fans qui assimilent l’adversaire à un ennemi et le pays qu’il représente perd en popularité selon le résultat ». Voilà de quoi avoir froid dans le dos.

Marc Dandreau
md@vacancespratiques.com

Dimanche 9 Septembre 2007