Aseptisation ambulante

Que seraient les quais de la Seine sans ses bouquinistes, Marrakech sans son souk débordant de vie, New York sans les sirènes de pompiers ? On peut se poser la question tandis que ces derniers mois, plusieurs capitales mondiales tentent d’aseptiser leurs centres villes pour le « bien des touristes ».



A Prague, les stands à saucisses, klobasa en praguois, sont courus par les touristes comme par les locaux. On les trouve à chaque coin de rue et les affamés se jettent sur ces petits bouts de viande garnis d’oignons, de sauce et de pain. Ainsi, lorsque la mairie a annoncé la mise en place d’un plan visant à débarrasser la place Venceslas de ses traditionnels vendeurs de saucisses, elle a récolté une pétition de milliers de signatures. Elle s’est donc inclinée face à ses traditionalistes de la saucisse, mais a toutefois réduit les nombres de licences et les heures d’ouverture.

Toujours pour parler de saucisse, j’en connais d’autres qui aimeraient bien manger leur « chien-chaud » dans la rue. A Montréal, un règlement municipal interdit la vente d’aliments sur le domaine public. Attention, on ne badine pas avec la loi ici. Le contrevenant s'expose à une amende de 300 $. Les Montréalais sont donc jaloux, lorsqu’en voyage, ils voient leurs voisins New-Yorkais ou Torontois se délecter de ces hot dog graisseux à souhait.

Autre lieu, autre idée d’aseptisation. La ville d’Hanoi, au Vietnam, veut se débarrasser de ses vendeurs ambulants en tout genre. Plus de femmes au chapeau conique vendant des fleurs et des fruits. Plus de coiffeurs et de barbiers en plein air. La mairie souhaite les parquer à l’abri des regards des touristes. Reste à savoir si cette interdiction va redonner « un vrai visage à la ville », comme l’explique le maire d’Hanoi, ou enlever tout le charme d’une Hanoi trépidante et authentique.

Hortense des Dorides
hdd@vacancespratiques.com


Dimanche 17 Février 2008
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