vacances pratiques


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Après la pagaille, c’est pas moi…c’est lui !


Des milliers de bagages encore en attente à Roissy, des passagers traumatisés par des heures voire des jours d'attente, des trains coincés par la glace: les départs en vacances de cette fin d'année laisseront sans doute des traces durables dans l'esprit des uns et des autres. Et si certains avocats fourbissent déjà des dossiers de plainte, il faudra bien passer à l'analyse pour expliquer cette pagaille.



Les premiers tirs sont venus de Pierre-Henri Gourgeon, patron d'Air France, accusant Aéroports de Paris de ne pas avoir anticipé les réserves nécessaires en glycol. Ils ont été suivis des Ministres de passage à Roissy qui, comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Thierry Mariani, ont décidé de lancer une enquête pour comprendre où et comment la situation a grippé. Dans un 21ème siècle qui se veut moderne, difficile en effet de comprendre et d'intégrer que la nature a ses droits, qu'elle entend faire respecter. Alors sans doute y a t-il des responsables qui n'ont pas eu le bon œil sur les réservoirs de dégivrant. Sans doute certaines compagnies ont elles peu voire pas du tout accompagné leurs passagers, les laissant errer sans réponse dans l'aéroport. Mais avaient-elles les réponses ? N’auraient- elles pas dû, comme les compagnies américaines quelques jours plus tard, annuler d'emblée et par avance tous leurs vols, évitant ainsi à des milliers de passagers de venir pour rien à l'aérogare. Mais que dire de ces milliers de passagers, précisément, qui, apprenant que les avions ne partent pas, viennent vérifier au comptoir que c'est effectivement bloqué ? Et encombrent d'autant l'aéroport, n'ayant plus de solution de repli ?
Trouver des responsables à de vrais manquements, il faudra sans doute le faire. Mais un effort de pédagogie s'impose également. Expliquer par exemple aux passagers que les vols sont en partie annulés parce que la neige impose d'espacer les décollages et atterrissages et que, mécaniquement, on n'y peut rien ! Que les opérations de dégivrage prennent du temps. Que cela prend aussi du temps de déneiger ou dégivrer 400 hectares de pistes quand le vent souffle et que la neige tombe sans arrêt. Bref, réapprendre l'humilité et la patience dans un monde sans cesse en mouvement, dans l'exigence d'obtenir tout et tout de suite. Même et surtout les retrouvailles en famille où ces vacances tant attendues. C'est rageant, agaçant, déconcertant de devoir y renoncer. Mais à l'impossible, nul n'est tenu.

Annie Fave

Mercredi 29 Décembre 2010