Antilles, la fin du tourisme est programmée



Quelle que soit l’opinion que l’on porte sur le conflit social des Antilles, on peut d’ores et déjà affirmer que le tourisme aura du mal à s’en remettre. Face aux grèves à répétition, associées à des services sur place de faible qualité, la destination, percluse par un coût élevé de la vie, ne pourra pas survivre aux choix drastiques que devra prendre le gouvernement. D’un côté une hausse importante des salaires qui augmentera la note du voyageur que ce soit à l’achat du séjour ou pendant ses vacances… De l’autre, un combat social qui ne cessera pas aussi simplement que le pensent nos gouvernants. Cette quadrature du cercle n’est pas née du hasard. Des décennies de flatteries financières vis à vie des DOM TOM, ou des gouvernements territoriaux, démontrent le peu de prise en compte d’une activité naturelle : le tourisme. Il n’est pas inutile de constater que les Antilles ne sont pas les seules à subir cette désaffection potentielle. La Polynésie, elle aussi en forte crise et largement oubliée aujourd’hui par une clientèle pourtant avide de découvrir ce petit paradis sur terre. La Réunion, il y a peu terrassée par un moustique. Mayotte qui s’endort sur une nature éblouissante et un lagon exceptionnel. Je ne parlerais pas de Saint Pierre & Miquelon que les français n’ont jamais voulu connaître. Dommage !
Bien sur, on ne peut pas transformer une île ou un pays en Disneyland. Une sorte de gigantesque parc d’attraction où l’on sourit sur commande et ou l’on se trémousse dès qu’apparaît un car de touristes. On a vu comment l’image des Vahinés polynésiennes pèse, à tort, sur les femmes tahitiennes. Alors que faire ? J’avoue honteusement qu’une fois le constat posé, je n’ai pas de solution miracle. De la discussion naîtra la solution. Ce dont je suis certain, c’est que la plus grande richesse de ces destinations réside souvent dans la capacité des hommes et des femmes sur place à porter leur culture, leur tradition, leur sens de l’hospitalité. A force de gommer ces qualités essentielles, on banalise ces îles. On oublie leur passé.
Peut-être faudra t-il revenir à plus de bon sens pour mieux comprendre les freins qui font s’enfoncer ces îles dans une crise permanente. Aujourd’hui nous en sommes loin et l’argent, d’où qu’il vienne ne répondra pas aux problèmes.

Marcel Lévy

Mercredi 11 Février 2009
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